Le théâtre de Josep Maria Miró franchira une nouvelle étape dans son rayonnement international en octobre prochain avec la présentation à New York de « The Most Beautiful Body Ever Found in This Place » . Le 7 octobre, le 122CC, salle Off-Broadway située dans l'East Village, accueillera la première de la version anglaise de l'une des œuvres les plus singulières et exigeantes du dramaturge catalan, qui restera à l'affiche pendant au moins un mois.
L'arrivée de cette œuvre à New York confirme la capacité de Miró à transcender les frontières de son univers théâtral et à toucher un public et des scènes internationales. Jusqu'à présent, certaines de ses pièces avaient déjà été présentées en espagnol dans la ville, notamment Nerium Park et Arquimedes , mais ce sera la première fois qu'un de ses textes sera joué en anglais à New York.
Ce projet bénéficie du soutien de la prestigieuse compagnie de production et de théâtre PlayCo, ancrée dans la scène new-yorkaise et reconnue pour son engagement à découvrir et promouvoir de nouveaux talents du théâtre international. La collaboration avec Miró a débuté en 2023, lorsque le dramaturge a participé à une résidence d'un mois à New York grâce au soutien de l'Institut Ramon Llull. Cette expérience a jeté les bases d'une collaboration qui se concrétise aujourd'hui avec l'arrivée de la pièce sur les scènes Off-Broadway.
« Le plus beau corps que vous trouverez ici » est une œuvre singulière dans le paysage dramatique contemporain. Conçue comme un monologue interprété par un seul acteur ou une seule actrice, elle donne voix à sept personnages différents. La désignation initiale permet à l'interprète d'être un homme, une femme ou une personne non binaire, renforçant ainsi la nature à la fois flexible et conventionnelle de l'identité scénique.
Tout au long de la pièce, un même corps se métamorphose pour incarner différents âges, expériences et perspectives. Parmi ces voix apparaissent celles d'une adolescente de 17 ans, d'une femme de 45 ans ou d'un homme de 75 ans, dans un exercice d'interprétation qui fait du corps de l'interprète le principal espace de transformation.
Cette exploration du corps constitue l'un des axes principaux de l'œuvre. Miró s'intéresse au corps attaqué, mutilé ou désiré, mais aussi au corps que l'on souhaite posséder ou transformer. Parallèlement, il introduit une réflexion sur le corps de l'acteur lui-même, qui, sur scène, cesse d'être une simple réalité physique pour devenir une convention théâtrale.
La proposition transforme ainsi la scène en un espace de métamorphose constante, où une seule présence physique peut recéler de multiples identités et trajectoires. Il en résulte une œuvre qui mêle intimité, tension et réflexion sur notre rapport au corps et à son interprétation, mais aussi sur les conventions qui sous-tendent l'art de la performance.