La Fondation Basil & Elise Goulandris présente l'exposition temporaire « De Monet à Warhol : Trois générations, une collection » dans son musée d'Athènes, du 6 décembre 2025 au 11 avril 2026. Cette exposition propose un voyage à travers l'évolution de l'art moderne. Sous le commissariat de Marie Koutsomallis-Moreau, responsable des collections de la Fondation B&E Goulandris, et de Marina Ferretti Bocquillon, directrice scientifique émérite du Musée des Impressionnismes de Giverny, l'exposition réunit une sélection exceptionnelle de 83 chefs-d'œuvre de 45 artistes qui ont marqué l'art moderne et contemporain, offrant aux visiteurs un panorama visuel d'une richesse et d'une diversité extraordinaires.
Tout au long de l'exposition, plus d'une douzaine de mouvements artistiques se déploient, des premiers élans de l'impressionnisme aux propositions les plus contemporaines, selon un parcours soigneusement conçu qui permet aux visiteurs d'observer l'évolution des formes, des langages et des perspectives sur plus d'un siècle de création artistique. Chaque œuvre dialogue avec la suivante, créant un itinéraire qui retrace non seulement l'histoire de l'art européen et américain, mais invite également à une réflexion sur les liens, les ruptures et les continuités qui traversent différentes générations d'artistes.

Parmi les œuvres exposées figurent quelques-uns des chefs-d'œuvre les plus représentatifs de l'art moderne européen, issus d'une collection constituée sur trois générations. Cette sélection comprend non seulement des noms prestigieux qui ont marqué l'histoire de l'art, mais aussi des artistes moins connus – de véritables pépites qui apportent à l'exposition des nuances et des perspectives inattendues. La juxtaposition de figures majeures et de talents plus confidentiels crée un dialogue dynamique et enrichissant, permettant aux visiteurs d'apprécier non seulement l'évolution des styles et des mouvements, mais aussi la profondeur et la diversité de la création artistique européenne.

Roy Lichtenstein (1923–1997), Lac avec nénuphars et reflets, 1992.
L'exposition met en lumière l'œuvre de figures emblématiques telles que Monet, Degas, Gauguin, Matisse, Kandinsky, Picasso, Munch, Lichtenstein et Warhol, tout en donnant la parole à des artistes moins connus, pourtant essentiels à la compréhension de la complexité de l'art moderne. L'impressionnisme est présenté à travers deux de ses représentants les plus emblématiques, Claude Monet et Edgar Degas, et enrichi par la présence de Berthe Morisot, dont l'œuvre éclaire un aspect souvent négligé du mouvement. La présence de Morisot rappelle le rôle fondamental des femmes dans la construction et le développement de l'impressionnisme, offrant au public une vision plus complète et diversifiée de cette période.
Pablo Picasso est également représenté dans la collection par une estampe extraordinaire, Le Repas frugal , qui dépeint des corps épuisés et démunis à côté de simples morceaux de pain. Cette œuvre a été créée pendant une période où l'artiste explorait de nouvelles techniques de gravure à Paris, tout en faisant face à des difficultés personnelles et financières. Cette période confère à l'œuvre une intensité et une humanité uniques, témoignant avec force de la capacité de Picasso à transformer l'adversité en création artistique.

Léon Pourtau (1868-1898), Scène de plage, 1890-1893.
Vers la fin de l'exposition, le Pop Art américain apparaît comme une évolution du langage visuel européen, prenant pour point de départ un concept né au Royaume-Uni. Dans cette transition, Andy Warhol côtoie Man Ray, Tom Wesselmann et Sam Szafran, dont les œuvres présentent des perspectives déformées et une approche quasi cinématographique qui redéfinit notre perception du monde quotidien. L'exposition démontre comment ces artistes ont su métamorphoser le trivial en monumental et comment, par la couleur, la forme et l'ironie, ils ont repoussé les limites de ce qui pouvait être considéré comme de l'art, offrant un regard à la fois critique et ludique sur la société de leur époque.

Sam Szafran (1934-2019), Escalier, 2002.