thumbnail_Arce180x180px

Nouvelles

Aleix Font écrit Brossa à travers le langage de la rue.

À Gérone, une intervention artistique transforme les graffitis urbains en un paysage de points braille pour explorer l'univers poétique de Joan Brossa et interroger les codes qui donnent sens au langage.

Aleix Font écrit Brossa à travers le langage de la rue.
bonart gérone - 15/10/26

L'installation d'Aleix Font à Gérone s'inspire d'une invitation à rendre hommage à Joan Brossa, figure emblématique de l'art contemporain. Elle évite cependant la reproduction directe de l'œuvre du poète pour explorer plutôt les mécanismes de sa pensée et son esprit ludique. Ce projet, porté par la mairie de Gérone et Bonart, est né de l'observation de l'environnement et du désir de pénétrer l'univers conceptuel d'un créateur pour qui le langage, les signes et les objets pouvaient devenir matière poétique.

Au lieu de partir d'une œuvre précise de Brossa, Font a porté son attention sur un mur de Gérone déjà couvert de graffitis et de tags signés par des artistes urbains. Ces traits, fruits d'une culture visuelle propre et d'une manière singulière d'occuper l'espace public, deviennent le point de départ d'une opération de traduction. L'artiste choisit de transposer chaque tag en braille, remplaçant les signes originaux par des combinaisons de points permettant leur lecture grâce à un autre système de représentation.

Il en résulte un paysage en braille qui préserve la mémoire visuelle des graffitis préexistants, tout en les transformant et en les intégrant à une nouvelle structure de significations. Dans cet ensemble de points, certains éléments sont réorganisés pour former les lettres du nom de famille Brossa. Le B apparaît représenté par l'alphabet conventionnel, grâce à l'utilisation des points et à la modification de leurs couleurs, tandis que le R, le O, le S et le A sont construits en braille à partir de points issus des graffitis eux-mêmes. Ainsi, l'intervention ne se limite pas à l'ajout d'un nom sur un mur, mais fait émerger la référence au poète à partir des signes qui occupaient déjà cet espace.

La proposition ouvre ainsi une réflexion sur le langage comme système de conventions partagées. Ce que nous appelons catalan, espagnol ou anglais correspond à des codes qu'une communauté reconnaît et utilise pour communiquer ; de même, les pictogrammes, les alphabets et les différentes formes d'écriture expriment des manières culturelles de représenter le monde. Les graffitis et le braille constituent également des systèmes de signes, avec des logiques et des fonctions différentes, qui entrent ici en contact et se transforment mutuellement.

À ce carrefour entre écriture, image et espace public, Aleix Font trouve une manière d’aborder Brossa sans l’imiter : en jouant avec les codes, en modifiant leurs significations et en transformant un mur investi en un terrain d’expérimentation poétique.

Baner_Atrium_Artis_180x180pxFVC_Portes-endins_Anuncis-digitals_Bonart_180x180_v1

Ils peuvent vous
intéresser
...

19-ANUNCI-BONART_BANNER_ANSELM-KIEFER