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Des expositions

Je suis née avec le destin d'une rose : une armure pour une identité en transformation.

Je suis née avec le destin d'une rose : une armure pour une identité en transformation.
bonart salamanque - 16/08/26

La salle 5 du DA2 Domus Artium accueille « Je suis né avec le destin d'une rose », un projet d'Ali Arévalo sélectionné lors du 3e appel à projets pour la création artistique contemporaine. L'exposition propose une réinterprétation critique et poétique d'un des grands archétypes de la tradition occidentale : le chevalier médiéval.

Loin de reproduire l'image du héros protégé par son armure, Arévalo présente un corps différent, marqué par la fragilité, le désir et l'ambiguïté. Dans une perspective queer et non binaire, la figure du chevalier se métamorphose en un territoire ouvert où coexistent différentes temporalités, références culturelles et conceptions de l'identité.

Ce projet établit un dialogue entre les récits des mangas Magical Girl et Shōjo et la renaissance des figures de guerrières liées aux régions de Salamanque et de Castille. De cette rencontre naît une collection unique d'armures fragiles : des tenues qui ne cherchent pas à dissimuler les vulnérabilités du corps, mais au contraire à les rendre visibles, les transformant en ornements et les réaffirmant comme une composante essentielle de l'identité.

L'exposition construit ainsi une esthétique trans-temporelle où coexistent des imaginaires en apparence disparates. Tradition médiévale, culture populaire japonaise et certains éléments du costume castillan s'entrecroisent pour interroger les significations historiques associées au corps vêtu.

L'un des aspects fondamentaux du projet réside précisément dans les matériaux. Des biomatériaux à décomposition rapide sont associés à des structures métalliques, créant un contraste entre l'éphémère et le permanent, le souple et le rigide, le vulnérable et le résilient. La tension entre ces qualités ramène l'attention sur la peau et interroge notre conception de la protection.

Dans l’œuvre d’Arévalo, l’armure cesse d’être une barrière. Elle devient un prolongement du corps et, simultanément, une surface à partir de laquelle explorer d’autres formes d’identité. La fragilité n’apparaît plus comme une faiblesse à dissimuler, mais comme une condition à célébrer, à sublimer et à métamorphoser.

Les vêtements historiques subissent eux aussi un processus de réinterprétation. Des éléments comme les crinolines ou les bijoux du costume de charro sont réinterprétés et transformés en dispositifs à vocation défensive. La démarche artistique consiste non seulement à exhumer des objets du passé, mais aussi à les ouvrir à de nouvelles interprétations et à modifier les associations qui leur sont traditionnellement associées.

Charnières, boutonnières, clés et portes percent vêtements et objets, créant des ouvertures physiques et symboliques. Chacun de ces éléments introduit la possibilité d'ouvrir, de fermer, de transformer ou de franchir des frontières établies. Le vêtement cesse ainsi d'être une simple surface qui orne le corps et devient un espace de négociation entre identité, mémoire et représentation.

« Né avec le destin d’une rose » invite à une réflexion sur la possibilité de déconstruire les codes hérités pour les reconstruire à partir de perspectives et de sensibilités différentes. Ali Arévalo transforme l’armure en métaphore de ce qui protège et expose simultanément, proposant une perspective où le délicat, le changeant et le fragile cessent d’être relégués au second plan.

L'exposition restera ouverte dans la salle 5 du DA2 Domus Artium jusqu'au 4 octobre 2026, comme une invitation à revisiter les images du passé et à se demander quels corps peuvent occuper aujourd'hui les espaces traditionnellement réservés au héros, au guerrier et au chevalier.

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