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Vanessa Pey : Désirer l'épiderme

La peau comme espace de transformation, d'identité et de flux émotionnel.

Vanessa Pey : Désirer l'épiderme
bonart barcelone - 04/06/26

La Galeria Sergi Sánchez de Barcelone présente, du 4 juin au 31 juillet, « Desiring Epidermis » , une exposition de l’artiste Vanessa Pey, sous le commissariat de Gabriel Virgilio Luciani. Ce projet rassemble des œuvres inédites qui explorent le corps sous un angle identitaire, émotionnel et métamorphique, le concevant comme un territoire en perpétuelle mutation.

Dans Desiring Epidermis , Pey explore le rapport entre le corps et sa capacité de transformation, brouillant les frontières entre stabilité et évolution. Les œuvres proposent une réflexion sur l'identité comme processus ouvert, traversé de tensions internes, d'affects et d'ambiguïtés. Le corps n'apparaît pas comme une entité figée, mais comme un espace en construction continue.

Selon le commissaire d'exposition Gabriel Virgilio Luciani, le point de départ conceptuel de l'exposition est l'horreur corporelle , un sous-genre cinématographique où la terreur naît du corps lui-même. Cependant, dans l'œuvre de Pey, ce référent est déplacé et transformé : si chez des auteurs comme David Cronenberg ou Clive Barker la déformation corporelle est présentée de manière explicite et choquante, ici toute trace de gore ou de violence visible disparaît. À sa place, un malaise plus subtil émerge, fondé sur l'insinuation et la fragilité de la surface du corps.

La peau devient ainsi un élément central du discours. Loin d'être une simple membrane protectrice, elle est conçue comme un substrat performatif : une surface construite, négociée et transformée. En ce sens, la peau fonctionne comme un dispositif de camouflage et d'expérimentation identitaire, capable d'adopter de multiples formes et sensations.

Cette démarche s'inscrit dans le prolongement du parcours de l'artiste depuis les années 1990, période où elle explorait déjà des représentations de corps s'affranchissant des normes de genre. Cependant, la proposition actuelle y ajoute la notion de « flux morphologique » : les corps ne se contentent pas de remettre en question les catégories établies, mais sont dans un état de transition constant, toujours sur le point de se métamorphoser.

Conçue spécifiquement pour l'espace de la galerie, l'exposition se compose de deux œuvres audiovisuelles et de neuf images imprimées sur différents supports. Pour la première fois, outre le papier photographique, le cibachrome, le méthacrylate et le textile utilisés précédemment, l'artiste intègre le silicone comme support, offrant ainsi flexibilité, transparence et une nouvelle relation physique avec l'image.

Nombre de photographies de Vanessa Pey ne sont pas conçues comme des images fixes, mais comme des extraits de ses vidéos. Ce passage du mouvement à la fixation renforce l'idée de transformation continue : les images ne documentent pas des identités, mais des processus. En ce sens, Desiring Epidermis propose un univers de rythmes lents et d'espaces indéterminés, où le corps devient mémoire, imagination et mutation constante.

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