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Des expositions

Calo Carratalá : le paysage comme expérience spirituelle et provisoire

La Fondation Bancaja présente jusqu'au 7 juin « Every Place is Provisional », une exposition contemporaine sur l'aménagement paysager à travers trois décennies d'histoire.

Calo Carratalá : le paysage comme expérience spirituelle et provisoire
bonart valence - 20/04/26

La Fondation Bancaja a présenté à son siège de Valence l'exposition « Tot lloc és provisional » de l'artiste du Torrent, Calo Carratalá (1959), qui retrace son interprétation singulière du paysage naturel après plus de trente ans de carrière consacrés à la peinture du territoire. Considéré comme l'une des figures majeures de la peinture de paysage espagnole contemporaine, Carratalá réunit dans cette exposition une synthèse aboutie de son langage visuel, profondément lié à l'expérience du voyage et de la contemplation.

L'exposition réunit 37 œuvres de grand et petit format, réalisées entre 2013 et 2026, dont plusieurs appartiennent à trois de ses principales séries. Cet ensemble est présenté pour la première fois à Valence, incluant des pièces créées spécialement pour l'occasion. Le parcours propose un voyage visuel à travers différents territoires du monde : les montagnes enneigées de Norvège, l'Amazonie brésilienne et péruvienne, et les paysages africains de Tanzanie et du Sénégal, avec une attention particulière portée aux baobabs, symboles de mémoire et de continuité culturelle.

En Norvège, Carratalá compose des paysages d'une grande économie chromatique, où la neige et la lumière configurent des scènes d'une beauté sereine et mélancolique. En Amazonie, la jungle se métamorphose en un réseau de lignes de graphite et d'encre, suggérant la densité de la végétation, les reflets et l'humidité du territoire. À l'inverse, les paysages africains se déploient à travers des verts intenses, des formes ouvertes et des espaces vides qui évoquent le lien entre nature et communauté.

Le parcours de l'exposition, conçu par l'historienne de l'art Marisa Giménez Soler, met en lumière le geste du peintre : rapide, synthétique et précis. Carratalá travaille par touches esquissées, corrigées et superposées, transformant le paysage en une construction émotionnelle plutôt que descriptive. Dans ce processus, la peinture devient une fusion d'air, de couleur et de temps, où la réalité géographique se métamorphose en une expérience sensorielle.

Son œuvre s'inscrit dans une tradition picturale dialoguant avec les paysagistes hollandais du XVIIe siècle, la sensibilité romantique de William Turner, John Constable ou Caspar David Friedrich, ainsi qu'avec l'héritage de l'impressionnisme et de l'expressionnisme. Cependant, Carratalá renouvelle cet héritage dans une perspective contemporaine empreinte de conscience écologique et de réflexion sur la préservation de l'environnement.

Le voyage constitue le point de départ essentiel de sa démarche créative. L’artiste parcourt des territoires lointains pendant des semaines, s’immergeant dans le paysage, l’observant et l’habitant avant de le transposer dans son atelier. De ce contact direct naissent des dessins, des croquis et de petites planches qui capturent la première empreinte de son expérience.

À son retour, après un travail minutieux s'appuyant sur des notes, des photographies et ses souvenirs, Carratalá réinterprète ces espaces et les reconstitue picturalement. Il n'en résulte pas une reproduction fidèle, mais une recréation intérieure qui intègre l'expérience personnelle et l'atmosphère émotionnelle du voyage.

Comme l'explique l'artiste lui-même, « le voyage a quelque chose de spirituel. Je passe la journée seul, à peindre, à observer et à réfléchir. C'est aussi un exercice d'introspection, une façon d'être avec soi-même et de retrouver le temps de regarder et de ressentir. »

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