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Des expositions

Nature archéologique : la boue comme mémoire et architecture

À la galerie Tramuntana, Madola et Vallverdú transforment la céramique et la sculpture en témoignages du temps, des processus et de l'expérience sensorielle.

Nature archéologique : la boue comme mémoire et architecture
bonart gérone - 24/03/26
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À la galerie Tramuntana, la nouvelle exposition « Nature archéologique. Architectures du cœur » réunit les œuvres de Madola i Vallverdú dans une proposition qui conçoit la céramique et la sculpture non comme des objets, mais comme des témoignages de la mémoire et du temps. La céramique n'est pas un simple objet ; c'est un processus, un enregistrement d'événements. Tout ce qui se produit, du premier contact de la main avec l'argile jusqu'au jugement final du feu, définit les pièces et leur force expressive. L'œuvre achevée, apparemment immobile, conserve une mémoire physique : celle du corps qui l'a modelée et celle de la terre qui a accepté – ou résisté – cette volonté.

Madola crée des ruines contemporaines plutôt que des objets conventionnels. Depuis son entrée à La Massana en 1960 et sa première exposition présentée par Salvador Espriu en 1966, son parcours est une exploration constante de l'intériorité de la matière. Ses œuvres fonctionnent comme des seuils qui séparent le connu de l'intuitif. Point de cosmétiques ni d'artifices : il y a des oxydes, des textures et le temps géologique. Le four devient un accélérateur de siècles qui stoppe l'érosion au dernier moment. Formée auprès de Josep Llorens i Artigas et titulaire d'un doctorat en beaux-arts avec une thèse sur l'héritage de Joan Miró dans la céramique contemporaine, Madola a marqué de son empreinte des œuvres publiques sur quatre continents et est membre de l'Académie royale internationale de la céramique. Après six décennies de carrière et le Prix national des métiers d'art (2024), ses volumes continuent de soulever des questions ouvertes, fidèles à une approche du monde par le toucher.

Vallverdú a suivi un parcours de réflexion académique qu'il a insufflé à son atelier. Quarante années à la direction du département de sculpture de l'Université de Barcelone n'ont pas constitué une parenthèse, mais une véritable méthodologie : enseigner comment regarder la matière pour la comprendre. Son travail se fait en argile brute, sans émail ; des plaques construites et modelées simultanément, complètement vides, sans âme. Si, à ses débuts, prédominaient des formes fermées et hermétiques, le temps et sa retraite à Concabella les ont progressivement ouvertes. Aujourd'hui, ses architectures se laissent traverser par l'air et la lumière, qui pénètrent par de larges fenêtres et ouvertures. Ce sont des constructions qui ont appris à respirer, des architectures imaginaires qui s'abreuvent d'histoire, de légende et de mythe. La plupart sont des maquettes d'espaces accessibles, et la présence de portes et d'ouvertures établit un lien direct avec le corps du spectateur, transformant l'œuvre en un hommage aux moments et aux personnes qui ont marqué sa vie.

Malgré leurs parcours et leurs méthodes de travail différents, Madola et Vallverdú s'accordent sur une certitude fondamentale : la terre possède une nature ancestrale qui nous précède. Ses formes, qu'il s'agisse d'abris ou de frontières, sont des architectures de l'indicible. C'est un art qui se passe d'explications, car il fait appel à quelque chose que nous portons en nous et que seule l'argile est capable de matérialiser.

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