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Des expositions

Le MNAC revisite son passé avec Recovered from the Enemy

Une exposition qui examine les dépôts franquistes conservés au musée et revendique la mémoire, la transparence et la réparation dans l'histoire du patrimoine artistique catalan.

Le MNAC revisite son passé avec Recovered from the Enemy
bonart barcelone - 20/02/26

La nouvelle exposition du Musée national d'art de Catalogne (MNAC), « Recuperado del enemigo . Els depots francistes al MNAC », propose un regard critique sur la trajectoire de l'institution et sur l'histoire – complexe et souvent troublante – de ses collections. L'exposition met l'accent sur les œuvres entrées au musée par le biais du Servicio de Defensa del Patrimonio Nacional (SDPAN), l'organisme franquiste créé après la victoire de la guerre civile pour gérer le patrimoine artistique sous le nouveau régime.

Organisée par Gemma Domènech i Casadevall et Eduard Caballé i Colom, l'exposition réunit 135 œuvres – dont beaucoup sont anonymes – déposées au Palau Nacional après la fin de la gestion officielle d'après-guerre. Dans la plupart des cas, ce processus a abouti à la restitution des œuvres à leurs propriétaires légitimes ; dans d'autres, cependant, leur parcours a été interrompu dans les réserves du musée, où elles se trouvent encore aujourd'hui.

  • Anonyme, Las chicas de Claudia, C. 1929-1938.

L'exposition s'inscrit dans un travail initié en 2014 avec la création d'espaces permanents consacrés à la Guerre civile, un projet qui a façonné la politique du musée en matière d'expositions temporaires, de programmes publics et d'acquisitions relatives à cette période. À ce titre, « Recovered from the Enemy » dialogue directement avec l'exposition « ¡El museo en peligro! », centrée sur les enjeux de la sauvegarde du patrimoine artistique après le déclenchement du conflit, sous la direction de Joaquim Folch i Torres.

Il convient de rappeler que le Museu d'Art de Catalunya, prédécesseur du MNAC actuel et inauguré en 1929, s'est donné pour mission, durant la guerre, de protéger ses collections des bombardements et des pillages. Les œuvres furent déplacées dans divers lieux du territoire, notamment à l'église Sant Esteve d'Olot et dans des dépôts établis à Bescanó, Darnius et Agullana, afin de les préserver de la destruction.

  • Panneau SPDAN « Entrée strictement interdite ».

Suite à la défaite des Républicains, les dépôts organisés par la Generalitat passèrent aux mains des vainqueurs. La SDPAN en prit la gestion et utilisa de nouveau le musée comme centre de réception, de conservation et d'administration des œuvres. Ce double rôle – à la fois institution muséale et dépôt d'œuvres d'art pendant et après le conflit – explique pourquoi le MNAC conserve aujourd'hui une collection directement liée à ces opérations de sauvegarde et d'appropriation.

Les 135 pièces présentées forment un ensemble hétérogène qui reflète la diversité des origines et des circonstances. Sur les étiquettes des cadres, l'inscription « Recuperado del enemigo » (Recupéré de l'ennemi) devient un témoignage éloquent : plus qu'une simple mention administrative, elle symbolise l'imposition par le manu militari d'un nouvel ordre politique qui s'étendait également à la sphère artistique et patrimoniale.

Le directeur du musée, Pepe Serra, a défini l'exposition comme « un exercice de mémoire, de transparence et de réparation ». En ce sens, l'exposition ne se contente pas de passer en revue le passé institutionnel, mais ouvre également un espace de réflexion sur les responsabilités des musées dans la construction – et la révision – des récits historiques.

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