L’exposition Bunny , de la photographe américaine Talia Chetrit, réunit près de trente ans de travail dans un projet qui invite à une réflexion sur la construction des images et notre manière d’observer autrui. Présentée au musée Lázaro Galdiano dans le cadre du programme PHotoESPAÑA 2026, il s’agit de la première grande exposition personnelle de l’artiste en Espagne.
La sélection comprend des portraits, des natures mortes et des photographies mises en scène qui dialoguent entre elles, sans ordre chronologique. Des images créées à différentes périodes de sa carrière se côtoient pour tisser de nouveaux liens et susciter de nouvelles interprétations. Ainsi, passé et présent s'entremêlent dans une séquence visuelle ouverte à de multiples interprétations. Tout au long de l'exposition, Chetrit explore les thèmes de l'identité, de la sexualité, de la famille et de l'expérience personnelle. Ses photographies mettent en scène amis, famille et l'artiste elle-même, dans des scènes oscillant entre spontanéité et mise en scène. Vulnérabilité, désir et représentation du corps apparaissent comme des éléments récurrents, traités avec un regard direct qui se refuse à toute réponse définitive.

Bunny s'intéresse tout particulièrement à l'acte photographique lui-même. Dans nombre de ses œuvres, les mécanismes de production de l'image sont rendus visibles, rappelant au spectateur que toute photographie est une construction. La frontière entre document et fiction demeure délibérément floue, engendrant une tension constante entre le réel et le représenté.
L’exposition, visible jusqu’au 30 août, mêle des tirages noir et blanc de petit format, qui invitent à une observation attentive, à des photographies grand format dont la présence physique métamorphose l’expérience de l’espace d’exposition. Il en résulte un parcours intense et évocateur qui confirme le statut de Talia Chetrit comme l’une des voix les plus singulières de la photographie contemporaine.