L'art moderne ne s'est pas construit uniquement dans les ateliers d'artistes ou à travers les débats esthétiques. Il a également pris forme au sein des ambassades, des institutions culturelles, des collections privées et des réseaux de mécénat qui, durant la Guerre froide, ont transformé la culture en un terrain de confrontation idéologique. C'est l'une des thèses centrales de *La guerra fría cultural en Colombia. Marta Traba, Gómez Sicre y Rockefeller le dan forma al arte moderno* , ouvrage de l'historien d'art colombien Christian Padilla, qui sera présenté le mardi 20 octobre à 20h à l'Espai Isern Dalmau de Barcelone.
L'événement verra la participation de l'auteur, accompagné de Martí Peran, professeur titulaire de théorie de l'art à l'Université de Barcelone, et de Ricard Planas Camps, directeur de la Fondation Lluís Coromina Isern et PDG de Bonart.
Publié par BAU Editorial, cet ouvrage propose une analyse critique des processus ayant contribué à la consolidation de l'art moderne en Colombie, en s'intéressant aux liens entre les politiques culturelles américaines, les intérêts commerciaux et la construction d'un nouveau récit artistique. À travers les parcours de Marta Traba, José Gómez Sicre et Nelson Rockefeller, Padilla reconstitue un réseau d'influences où expositions, prix, musées, collections et programmes culturels ont joué un rôle déterminant dans la définition du canon moderne.

Cette recherche, fondée sur des documents d'archives consultés à Bogota, Washington, New York et La Havane, aborde la modernisation artistique colombienne comme un processus transnational, marqué par le panaméricanisme, l'anticommunisme et les tensions géopolitiques inhérentes à la Guerre froide. Au-delà des transformations formelles et des discours esthétiques, l'auteur examine comment les structures de pouvoir sont intervenues dans la circulation des œuvres, la légitimation des artistes et le rayonnement international de l'art latino-américain.
Cet ouvrage, récompensé par le XXIIe Prix de l'essai sur l'art en Colombie, contribue ainsi à remettre en question les interprétations hégémoniques de l'histoire de l'art et à placer les expériences latino-américaines au cœur du débat. Sa contribution réside dans la démonstration que la définition de la modernité artistique n'était pas un processus neutre, mais un espace de négociation entre intérêts culturels, politiques et économiques.
Christian Padilla est historien de l'art, chercheur et commissaire d'exposition indépendant. Docteur en sciences sociales, culturelles et patrimoniales (mention très bien) , il est également titulaire d'un master en histoire de l'art de l'Université de Barcelone. Il est professeur à l'Université de Rosario, en Colombie, et cofondateur et coordinateur des Éditions BAU. Spécialiste de l'œuvre de Fernando Botero, il a publié plusieurs ouvrages sur l'art colombien et a organisé des expositions en Colombie, en France et en Allemagne. En 2007, il a reçu le Prix de l'essai historique sur l'art colombien pour son livre *El llamado de la tierra: el nacionalismo en la escultura colombiana* .