Le Museu Diocesà de Barcelona présente une exposition inédite qui, dans le cadre des commémorations de l'Année Gaudí – dont le centenaire sera célébré le 10 juin – propose une lecture approfondie de la relation entre Antoni Gaudí et Joan Miró. Intitulée « Miró et Gaudí. Nature et Mysticisme » , l'exposition met en dialogue deux univers créatifs qui, bien qu'appartenant à des disciplines différentes, convergent dans une même recherche : le lien entre nature, spiritualité et transcendance.
L'exposition met en lumière l'admiration que Miró nourrissait dès son plus jeune âge pour l'architecte moderniste Gaudí, qu'il considérait comme une référence incontournable. Ce lien se matérialise notamment dans les 21 maquettes préparatoires de la série de gravures de Gaudí , conçues par Miró entre 1975 et 1979. Cet ensemble, réalisé à l'apogée de sa carrière, est présenté comme un laboratoire créatif où l'artiste expérimente formes, textures et matériaux avant d'aboutir à la composition finale.

Ces œuvres révèlent un processus intense et libre, où Miró mêle collage, papiers déchirés, coupures de journaux, gouache, pastel, encre, crayon, craie et fragments réutilisés. Cette technique, proche de l'esprit des céramiques et mosaïques trencadís de Gaudí – notamment celles développées en collaboration avec Jujol –, devient un langage à part entière qui métamorphose la matière en un univers symbolique peuplé d'étoiles, d'oiseaux, de lunes, d'yeux et de formes en perpétuelle métamorphose.
Le dialogue entre les deux créateurs se fonde également sur leur vision de la nature. Pour Gaudí, la nature représente à la fois l'ordre et le chaos, une structure infinie que l'architecte s'efforce de comprendre et d'harmoniser avec la dimension divine. Miró, quant à lui, part de cette dualité mais s'éloigne de la recherche de l'harmonie : son intention est de révéler la beauté cachée du monde afin de libérer le regard et l'imagination du spectateur.

L'exposition permet également d'examiner en détail le processus de composition de Miró, notamment les rectifications et les modifications qui révèlent la construction interne de son œuvre. Ce parcours offre un regard privilégié sur l'une de ses dernières grandes créations, où le processus revêt autant d'importance que le résultat final.
Le dialogue avec Gaudí se poursuit par une sélection d'objets originaux issus de son univers architectural et liturgique. Parmi les pièces exposées figurent une chaise liée à la Casa Batlló, un banc liturgique de la paroisse du Sagrat Cor dans la Colònia Güell, un lutrin musical de la famille Güell et divers éléments en verre lobé, qui témoignent de la richesse ornementale et symbolique de son langage architectural.