L’artiste Marga Estelrich présente à ethall, dans le cadre d’Art Nou, Roen Plastic , un projet conçu spécifiquement pour l’espace de la galerie. Ce projet explore sa recherche sculpturale autour des objets produits industriellement et des possibilités formelles des éléments graphiques qui les accompagnent. L’exposition, dont le commissariat est assuré par Óscar Morales Navarro, est visible jusqu’au 5 septembre.
Estelrich passe de longues heures à arpenter la ville, le regard presque photographique, attentif aux détails qui passent généralement inaperçus. Mais au lieu de capturer des images, il collectionne des objets, des fragments et des vestiges d'un monde industriel et urbain qui, hors de leur contexte d'origine, peuvent renaître.
Parfois, il repère un objet et revient plus tard au même endroit, avec de l'aide, pour le récupérer. D'autres fois, il étudie les périodes où certains commerces se débarrassent des produits qui l'intéressent — comme des cartons — afin de les accumuler au fil du temps. Il y a aussi des objets qui lui apparaissent régulièrement dans différents quartiers de la ville. D'autres ont toujours été là, mais ce n'est qu'à un certain moment qu'ils attirent son regard.

La collecte et l'accumulation de ces objets constituent un élément fondamental de la démarche artistique. L'autre aspect consiste à entretenir une relation avec eux et à provoquer leur déplacement, à les extraire du paysage urbain et industriel où ils remplissent une fonction précise pour les amener au territoire de l'art.
Le titre de l’exposition et les matériaux qui composent les œuvres résultent d’une succession de découvertes plus ou moins fortuites, qui ont trouvé au fil du temps leur place dans l’atelier de l’artiste et qui arrivent aujourd’hui à l’espace d’exposition. Ce sont des objets obtenus par de petits prêts ou des vols, au sens propre comme au figuré, fruits des promenades de l’artiste et de ses négociations avec leurs « propriétaires légitimes ».
L’exposition débute donc par une invitation faite à Marga Estelrich à développer un projet spécifique pour l’espace de la galerie et représente une continuation de ses recherches sculpturales autour des objets produits industriellement, ainsi que des possibilités formelles de la composante graphique qui les accompagne.

Dans ce processus, les matériaux se détachent de leur fonction initiale et intègrent un nouveau système de relations. L'artiste les déplace non seulement physiquement, mais aussi conceptuellement : ce qui faisait partie du paysage urbain quotidien est désormais observé sous un angle différent.
Roen Plastic transforme ainsi la marche, l'observation et la capacité à déceler ce qui passe souvent inaperçu en un outil créatif. La ville se métamorphose en une sorte d'atelier à ciel ouvert où chaque vestige, chaque objet et chaque matériau peut devenir le point de départ d'une nouvelle sculpture.
La proposition de Marga Estelrich peut être découverte à ethall jusqu'au 5 septembre, dans le cadre du programme Art Nou.
