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Des expositions

Avec « Belonging », Sylvia Fernández transforme la peinture en un territoire de mémoire, de corps et de nature.

Sylvia Fernández, Río, 2026.
Avec « Belonging », Sylvia Fernández transforme la peinture en un territoire de mémoire, de corps et de nature.
bonart lima - 05/07/26

La galerie Crisis présente Belonging , la dernière exposition solo de l'artiste péruvienne Sylvia Fernández, une exposition qui ouvre ses portes le mercredi 8 juillet et rassemble un nouvel ensemble d'œuvres picturales dans lesquelles l'artiste approfondit une recherche visuelle et émotionnelle qu'elle développe depuis quelques années.

Plus qu'une série de tableaux, « Appartenance » se conçoit comme une interrogation ouverte sur ce qui nous unit et nous constitue. Ou, comme le suggère sa propre résonance interne, peut-être aussi comme un « Être » : une question sur ce que signifie habiter un corps, une mémoire, un paysage ou une lumière. À quoi appartenons-nous ? À qui ? D'où provient ce sentiment d'appartenance – ou de déracinement – qui imprègne l'expérience humaine ?

Dans cette nouvelle phase de son œuvre, Fernández propose un style pictural qui relève moins de la planification que de l'intuition. Les images semblent émerger d'une conscience exacerbée : quelque chose qui ne possède pas nécessairement de forme définie, mais plutôt une présence, une émotion, une vérité intérieure. Sa peinture devient ainsi un espace de révélation, où la sensation précède le discours et où la matière se fait langage.

  • Sylvia Fernández, Quand la nuit tombe, 2026.

Le rapport entre le corps et la nature – thème récurrent dans des séries précédentes telles que Conversations avec Carmen et Retournons en arrière – prend ici une dimension plus explicite et intime. Dans Appartenance , la nature ne sert plus seulement de toile de fond ou de référence visuelle, mais devient un pont symbolique, une poétique du organique et un déclencheur de souvenirs. Par des gestes picturaux, des superpositions de couleurs et une palette en constante évolution, l'artiste évoque la prolifération des micro-organismes, les cartographies intérieures et le passage du jour à la nuit. Le temps, la couleur et le coup de pinceau fonctionnent comme les coordonnées d'une boussole affective.

L'exposition explore le sentiment d'appartenance comme une expérience multiforme, en perpétuelle évolution. Le corps féminin apparaît comme un territoire de découverte : un espace qui s'étend du niveau cellulaire jusqu'aux extrémités conservant les traces de la mémoire. L'expérience de l'exil se manifeste également, comprise non seulement comme un déracinement, mais aussi comme une forme fertile de non-appartenance, capable d'ouvrir de nouvelles perspectives de perception et de création. À cela s'ajoute l'esprit, conçu comme un lieu où l'imagination peut se déployer sans contrainte, et la peinture elle-même, affirmée comme l'espace où l'invisible prend forme.

À la croisée de l'intime et du symbolique, le réaliste, l'abstrait et le surréel coexistent sans qu'il soit nécessaire de les opposer. Dans « Appartenance » , ces dimensions ne sont pas présentées de manière linéaire ou hiérarchique : elles coexistent, s'influencent mutuellement et dialoguent. Il en résulte une exposition qui ne prétend pas apporter de réponses définitives, mais plutôt ouvrir un champ de sensibilité permettant d'envisager l'appartenance comme un processus vivant, dynamique et profondément humain.

  • Sylvia Fernández, Appartenance, 2026.

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