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La performativité est-elle essentielle à la compréhension de l'art contemporain ?

La performativité est-elle essentielle à la compréhension de l'art contemporain ?
Marta Pol Rigau - 03/05/26

L'art contemporain nous met souvent mal à l'aise car il ne se contente plus de refléter la réalité comme un miroir. Dans bien des cas, il intervient dans le monde et en modifie certains aspects : il crée des situations, influence les comportements et ouvre de nouvelles perspectives de relation à autrui. En ce sens, la notion de performativité devient centrale. Il est toutefois important de préciser qu'il ne s'agit pas de la même chose que l'art de la performance, entendu comme une simple « performance » devant un public. Ici, l'idée clé est différente : l'œuvre ne se contente pas de créer, elle incite aussi les autres à créer. En tant que logique constitutive, elle fonctionne comme un dispositif qui active les actions, les décisions et les liens entre les personnes, et qui crée les conditions propices à l'émergence de ces phénomènes. Par conséquent, une œuvre est performative lorsqu'elle mobilise les actions et les décisions d'autrui, lorsqu'elle génère des publics inédits, lorsqu'elle transforme les spectateurs en participants et lorsqu'elle redéfinit ce que signifie être auteur, œuvre ou communauté.

Cette perspective nous amène à comprendre que le fonctionnement d'une œuvre d'art ne dépend pas uniquement de l'artiste, car le public et son degré d'implication, l'institution et ses normes, l'espace et ses dispositifs, ainsi que les protocoles et les langages qui répartissent les rôles et orientent les actions possibles, jouent également un rôle. De même, le contexte sociopolitique, avec ses tensions matérielles et émotionnelles, en façonne les effets.

Cependant, aucun principe n'est neutre. L'art de la performance, dans la mesure où il implique des personnes et génère des relations et des situations, ne peut ignorer les conséquences de sa mise en œuvre : il doit assumer une responsabilité. C'est précisément pour cette raison qu'il est nécessaire de surveiller comment il est appliqué et dans quelles conditions il se produit, car la performativité peut se dégrader lorsqu'elle devient stéréotypée : l'événementification, la participation instrumentalisée ou la transgression domestiquée et prévisible.

C’est pourquoi nous devons redéfinir notre conception de l’efficacité : non pas comme un impact immédiat ou un buzz médiatique, mais comme la capacité à activer des processus d’apprentissage, à créer des liens et à modifier les habitudes, laissant une empreinte non pas comme un objet, mais comme un processus. À une époque où tout tend à se dissoudre dans une consommation accélérée et une attention de plus en plus fugace, la question cruciale se déplace : il ne s’agit plus tant de savoir « en quoi consiste ce travail ? » mais plutôt ce qu’il active, ce qu’il transforme, comment il nous affecte et ce qu’il nous incite à faire. En ce sens, la performativité peut être comprise comme une poétique de la conséquence : une manière d’articuler des formes et des situations qui non seulement signifient, mais produisent aussi des effets et laissent une trace sur notre façon de percevoir le monde, d’interagir avec lui et d’agir en son sein.

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