L’Institut valencien d’art moderne (IVAM) propose une immersion dans le monde underground avec Radix , l’exposition de l’artiste mexicaine Tania Candiani, visible jusqu’en septembre. Sous le commissariat de Blanca de la Torre et en collaboration avec LABoral Centro de Arte y Creación Industrial, l’exposition reformule une proposition initialement présentée à la Biennale d’Helsinki, la développant en une œuvre inédite conçue spécifiquement pour l’espace valencien.
Radix se déploie comme un écosystème hybride et immersif évoquant une coupe transversale d'une plante imaginaire. L'exposition mêle éléments organiques et artificiels : plantes vivantes, sculptures en verre soufflé, organismes suspendus, paratonnerre, projections audiovisuelles et une composition sonore octophonique enveloppant le visiteur. L'ensemble forme un environnement en perpétuelle transformation où convergent savoir scientifique et spéculation artistique.

La proposition de Candiani dialogue avec les recherches récentes en neurobiologie végétale, qui remettent en question la vision traditionnelle des plantes comme êtres passifs. Selon ces études, les systèmes racinaires sont capables de percevoir des stimuli, de traiter l'information et de s'adapter à leur environnement grâce à des réseaux complexes de signaux chimiques, électriques et mécaniques. En ce sens, Radix ne vise pas à représenter la nature telle qu'elle est, mais à explorer ses mutations possibles, ses micromondes et ses futurs possibles.
En entrant dans la Galerie 3, les visiteurs découvrent une pièce faiblement éclairée, dominée par une grande plante imaginaire. L'installation s'inspire de la coupe transversale d'une plante que l'artiste a découverte dans un ouvrage du Jardin botanique de Valence. « Quand les yeux s'habituent à l'obscurité, ils commencent à percevoir ce qui était auparavant invisible ; c'est une métaphore des racines, qui étaient là avant l'humanité et qui continueront d'être là après notre disparition », explique Tania Candiani.

L’installation est divisée en plusieurs stations qui guident le visiteur à travers cet « organisme » artistique. La visite commence par une antichambre d’archives qui mêle des planches historiques de l’Université de Valence à des illustrations spéculatives de l’artiste elle-même. Selon Blanca de la Torre, cet espace « explore les frontières entre savoir scientifique et savoirs traditionnels et autochtones, ainsi que les différentes manières d’appréhender le monde ».
L'expérience muséographique est conçue comme un système multisensoriel où aucun élément ne fonctionne isolément. Son, lumière, matière vivante, image et architecture s'articulent pour placer le visiteur au cœur d'un même écosystème. Ainsi, le public cesse d'être un simple observateur extérieur pour devenir un acteur à part entière du fonctionnement de l'œuvre.