Au carrefour toujours délicat du patrimoine, de la politique et de la justice, l'affaire des peintures murales de Sijena se retrouve une fois de plus au cœur du débat culturel. Le Musée national d'art de Catalogne (MNAC) a annoncé son intention de faire appel de la récente décision du tribunal de première instance n° 2 de Huesca, qui fixe à 56 semaines le délai imparti pour achever le transfert des œuvres au monastère de Sijena, en Aragon.
La décision de justice établit pour la première fois un calendrier précis dans un litige qui dure depuis des années. Le musée catalan, qui avait initialement proposé un délai plus long – d'environ quinze mois –, juge insuffisant le délai fixé par le tribunal et prépare un appel qu'il interjettera dans le délai légal de cinq jours.
Selon le texte de la résolution, le juge rejette les mises en garde du MNAC concernant les difficultés techniques du transfert et se réfère à l'arrêt de 2016, ultérieurement confirmé par la Cour suprême, qui indiquait qu'aucun expert n'avait conclu à l'impossibilité du transfert ni à la destruction inévitable des tableaux. Parallèlement, un rapport du gouvernement d'Aragon est retenu, attestant que la salle capitulaire du monastère, récemment restaurée, remplit les conditions requises pour accueillir les œuvres.
Au vu de ces arguments, le tribunal estime possible de procéder au transfert dans le délai imparti de 56 semaines, soit une durée supérieure aux sept mois initialement proposés par le gouvernement aragonais, mais inférieure à celle envisagée par le musée de Barcelone. Le juge présume que les études préalables et le diagnostic technique ont déjà été réalisés, ce qui permettrait d'accélérer la procédure.
La résolution introduit également un élément inattendu : la possibilité de constituer une commission d’experts chargée de convenir des modalités du transfert. Toutefois, cette marge de négociation est subordonnée au strict respect du délai imparti, qui ne peut excéder les 56 semaines fixées par le tribunal.