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Des expositions

Quand la matière prend du temps : Mercedes Pimiento inaugure l'année d'exposition à La Capella

Une recherche explorant, à titre exploratoire, la lente transformation de la cire, de la lumière et de la température en dialogue avec l'architecture du centre d'art.

Quand la matière prend du temps : Mercedes Pimiento inaugure l'année d'exposition à La Capella
bonart barcelone - 28/01/26

Le centre d'art La Capella, situé dans le quartier du Raval, inaugure sa nouvelle année d'expositions avec « A Search That Is a Temptation » , de Mercedes Pimiento, une proposition à découvrir jusqu'au 12 avril. L'exposition se déploie comme un voyage immersif qui invite à une observation attentive et détendue, en harmonie avec les processus matériels mis en œuvre par l'artiste.

Le projet repose sur un ensemble de sculptures qui dialoguent étroitement avec l'architecture et les spécificités de La Capella. Dans ce contexte, Pimiento explore les propriétés physiques et le comportement de matériaux tels que la cire d'abeille, la paraffine et la colophane, en s'intéressant à leur réaction au temps, à la lumière et aux variations de température. Cette recherche s'inscrit dans la continuité de ses travaux précédents, tout en les enrichissant d'une nouvelle dimension spatiale et conceptuelle.

Conçue comme une installation composée de présences en lente transformation, l'œuvre construit une subtile chorégraphie entre matière, lumière et chaleur, où les matériaux non seulement occupent l'espace, mais le modifient et le tendent. Le rythme interne des corps sculpturaux instaure une temporalité propre, changeante et fragile, qui bouleverse la perception du spectateur et le place face à un temps sensible, loin de l'immédiateté et ouvert à l'expérience du processus.

L'artiste propose un jeu de tensions entre la mobilité de la cire en fusion — avec les tourbillons et les déplacements qu'elle engendre — et la solidité immobile des murs de La Capella. La cire semble contenue dans de grands récipients qui dégagent de la chaleur et qui, contrastant avec la froideur de la pièce — perceptible dans la chaleur corporelle des visiteurs — donnent naissance à des formes en perpétuelle transformation, fragiles et changeantes.

Comme l’explique l’auteure elle-même, l’intention du projet découle de cette expérience directe avec la matière : « Travailler la cire d’abeille amène à découvrir que la nature suit des schémas imprévisibles, mais qui, en même temps, se répètent et se retrouvent dans d’autres contextes naturels. » En ce sens, l’œuvre relie les processus organiques, la perception et l’espace, nous invitant à observer comment le changeant se déploie au sein d’une structure apparemment stable.

Les pièces de cire situées dans la nef centrale réagissent directement aux cycles thermiques de chauffage et de refroidissement générés par les résistances, rendant visibles des processus de transformation continue. À l'inverse, les sculptures des chapelles latérales prennent la forme de corps massifs, réalisés par des procédés de coffrage qui définissent leur volume et leur présence. De par leurs dimensions et leur poids, ces œuvres ont été produites in situ, au sein même de La Capella, renforçant ainsi le lien entre l'œuvre, l'espace et le processus de création.

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