Le musée du Prado s'engage en 2026 à proposer une programmation thématique qui s'éloigne des monographies d'envergure consacrées aux grands noms de l'art, comme l'explique son directeur, Miguel Falomir. Le musée privilégiera des projets explorant des thématiques spécifiques, alliant recherche, innovation et un regard neuf sur sa collection.
La première grande exposition de l'année, « Italie, Espagne et le gothique méditerranéen » , abordera un sujet jusqu'ici peu exploré dans les musées : l'influence de l'Italie sur la peinture espagnole des XIVe et XVe siècles. Falomir la décrit comme l'une des expositions « les plus complexes et ambitieuses » de son mandat à la direction du Prado, non seulement pour sa rigueur scientifique, mais aussi en raison des défis logistiques posés par des pièces extrêmement fragiles, telles que des textiles anciens et des panneaux qui ont rarement quitté leur lieu d'origine. Parmi elles figure une œuvre provenant d'un couvent de cloîtres, restée entre ses murs depuis le XIVe siècle.

Les âges et la mort, Hans Baldung Grien, 1541-1544. Huile sur panneau. Madrid, Musée national du Prado. Exposition : « Hans Baldung Grien » et Mariana d'Autriche, reine régente, Juan Carreño de Miranda, vers 1670. Huile sur toile. Madrid, Musée national du Prado. Exposition : « Marianne d'Autriche ».
Avec cette orientation thématique, le Prado cherche à offrir aux visiteurs des expériences plus détendues et enrichissantes, évitant ainsi la sensation de foule et d'« heure de pointe » qui caractérise parfois les musées les plus fréquentés.
Du 9 juin au 27 septembre, l’exposition « Prado. XXIe siècle » propose un voyage à travers les 25 dernières années du musée, présentant ses nouvelles acquisitions, l’évolution de sa muséographie, ses efforts de conservation, ses services aux visiteurs et son rayonnement international. L’exposition reflète l’enrichissement de ses collections, la richesse de son programme scientifique et son engagement croissant auprès du public, intégrant des éléments visuels et documentaires qui illustrent la transformation de l’institution.
Cet automne, le Prado commémorera le centenaire du poète Rainer Maria Rilke avec l'exposition « Rilke et l'art espagnol » (17 novembre 2026 – 7 mars 2027). L'exposition explorera l'influence de la peinture espagnole sur la sensibilité artistique de Rilke, de son admiration pour Velázquez et Murillo à la profonde influence d'El Greco et de Goya. Elle abordera également sa relation avec le peintre Ignacio Zuloaga et l'impact de ses voyages à travers l'Espagne, notamment ses séjours à Tolède, Ronda et Madrid, où il visita le musée du Prado et l'Armurerie royale.

L'Année de la faim à Madrid, José Aparicio e Inglada, 1818. Huile sur toile. Madrid, Musée national du Prado. Exposition : « La peinture de la faim ».
En parallèle, l’exposition Hans Baldung Grien (24 novembre 2026 – 7 mars 2027) fera découvrir au public la peinture de la Renaissance allemande, en mettant l’accent sur deux œuvres tardives de l’artiste récemment restaurées : « Harmonie » et « Les Âges et la Mort ». L’exposition explorera l’influence de Dürer sur Baldung, son étude de la nature et de la forme humaine, ainsi que l’originalité avec laquelle il a réinterprété des thèmes classiques tels que la beauté, la vie et la mort dans un contexte chrétien et humaniste.
Avec ces propositions, le Prado allie patrimoine historique, recherche, éducation et nouvelles expériences pour les visiteurs, consolidant ainsi sa position parmi les plus grands musées du monde et comme référence culturelle ouverte à tous.