Le 24 avril à 19h, la Quinta Normal, antenne du Musée d'art contemporain de l'Université du Chili, inaugurera son premier cycle d'expositions de 2026 avec une présentation ambitieuse de huit nouvelles expositions. Sept d'entre elles ont été sélectionnées suite à un appel à projets public, confirmant ainsi une programmation qui valorise la diversité des perspectives et des langages dans l'art contemporain.
L’exposition propose un dialogue entre des concepts tels que la matière, le corps, le temps et la mémoire, et invite les visiteurs à explorer différentes approches de l’expérience artistique selon des perspectives sensorielles, politiques et historiques. Ce dispositif est complété par « Sensitive Matter », un projet de commissariat pédagogique développé par le département EducaMAC et présenté dans la Salle de Médiation. Ce projet coïncide avec deux événements marquants : le 200e anniversaire de la première photographie permanente de Nicéphore Niépce et le 50e anniversaire des Archives photographiques du musée, soulignant ainsi l’importance de ces archives comme outil de connaissance et de création.

Parmi les œuvres phares, on retrouve « L’Épi de blé et l’or », une recherche artistique de Cecilia Hormazábal, visible jusqu’au 24 août. L’œuvre explore la mémoire fragmentée de la réduction de Chanchomallin, près de Carahue. Elle revisite un épisode crucial de l’histoire chilienne : l’occupation des territoires mapuches à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, et l’imposition subséquente d’un système de réductions qui a confiné les communautés à des parcelles de terre restreintes, modifiant profondément leur organisation sociale et économique.
Par le biais de l’analepsie – un procédé narratif qui intègre des fragments du passé au présent –, l’exposition articule une réflexion visuelle fondée sur trois modes de perception caractéristiques de la culture mapuche : l’image, le texte et l’archive. Dans cette perspective, le projet ne se contente pas de reconstruire une mémoire historique, mais propose également de nouvelles manières de la raconter, en intégrant la vision du monde mapuche comme axe central.
Il en résulte un espace où passé, présent et futur dialoguent sans cesse, créant une expérience qui transcende l'exposition elle-même pour devenir une réflexion sur notre manière d'habiter et de comprendre le monde. Avec cette saison inaugurale, le MAC Quinta Normal réaffirme son rôle de plateforme critique et expérimentale où l'art contemporain se connecte à l'histoire, à l'éducation et aux multiples strates de la mémoire collective.