La justice colombienne a ordonné la restitution de 63 œuvres retirées des galeries du Musée national de Colombie le 15 octobre. Le 24e tribunal de la famille de Bogotá a fixé un délai de 48 heures pour leur retour dans les espaces d'exposition, une décision qui remet en cause les procédures employées par le gouvernement et réaffirme la protection constitutionnelle des expressions culturelles. Cette décision fait suite à une action en justice intentée par le député Gabriel Becerra, du parti Pacte historique, et des membres d'associations LGBTQ+.
L'arrêt de 38 pages regroupe 15 actions en justice relatives au retrait des objets et ordonne au ministère de la Culture, des Arts et du Savoir et au Musée national de les restituer dans des conditions de conservation appropriées. Cette mesure restera en vigueur le temps d'une évaluation technique et muséologique, menée avec la participation du Comité de gestion du patrimoine de l'institution et prenant en compte des critères tels que la protection de la mémoire historique, l'égalité des genres, le pluralisme, l'égalité et l'interdiction de la censure.

Le fondement de la décision du tribunal réside dans l'absence de justification technique et muséographique solide au retrait des œuvres. Selon le tribunal, le ministère a annoncé, en janvier 2026, la création d'un comité chargé de déterminer les objets destinés aux expositions permanentes, sans toutefois fournir la moindre preuve que cette décision ait été examinée par cet organe, ni présenter de rapport muséographique expliquant les raisons de l'exclusion. Les documents internes relatifs au retrait n'ont par ailleurs pas permis d'établir les critères de sélection ni de démontrer une évaluation préalable de l'impact de cette mesure sur le contenu historique et culturel des galeries.
Les documents examinés par le juge indiquent que les transferts ont été effectués à la demande du Secrétariat général du ministère, dirigé par Julián David Sterling, et exécutés par trois fonctionnaires de cette institution. Pour le tribunal, ce fait prouve l'implication directe du ministère dans une action dont la justification n'était pas dûment documentée.
La résolution met également en garde contre l'exclusion d'expressions culturelles fondée sur leur contenu politique ou idéologique, inconstitutionnelle au regard des principes constitutionnels. À cet égard, elle considère que le retrait de ces objets, motivé par le rejet de certains contenus historiques et politiques et sans justification curatoriale dûment accréditée, restreint indûment le droit du public à connaître et à apprécier ces manifestations culturelles.
L’arrêt accorde une attention particulière aux revendications relatives à la reconnaissance des luttes LGBTQ+, à la mémoire des victimes de violences politiques et au droit des mineurs à une éducation historique pluraliste. La décision n’empêche pas le musée de revoir ses expositions, mais stipule que toute modification doit être effectuée selon les procédures institutionnelles appropriées et sur la base de critères techniques et muséographiques dûment justifiés.