Le cloître du monastère de Sant Esteve à Banyoles a accueilli, le mardi 8 septembre, la présentation du livre consacré à L'Ombra , le projet de Joan Crous, dans le cadre d'une activité parallèle à l'exposition qui a permis d'approfondir les idées et les questions qui traversent l'une de ses propositions les plus ambitieuses.
Cette publication est née du prolongement du projet artistique et, simultanément, comme un espace de mémoire et de réflexion. Au-delà de la documentation d'une œuvre conçue sur plusieurs années, le livre élargit son univers conceptuel et visuel et nous permet d'appréhender un processus où matière, temps et mémoire sont en perpétuelle transformation.
La présentation a réuni l'artiste Joan Crous, Ricard Planas, critique d'art et rédacteur en chef de Bonart , et Fernando Castro Flórez, critique d'art et commissaire d'exposition. La conversation, animée par Natàlia Chocarro, responsable culturelle et critique d'art, a permis de confronter différentes interprétations de L'Ombra et d'explorer plus en profondeur les multiples strates qui composent le projet.
Au cœur du dialogue se trouvait une conception de l'œuvre d'art comme processus ouvert, loin d'une lecture strictement formelle. Chez Crous, la matière acquiert une dimension liée au passage du temps et à sa capacité à conserver des traces, mais aussi à les perdre, à les modifier et à en engendrer de nouvelles. L'ombre devient ainsi une métaphore de ce qui demeure et, simultanément, de ce qui s'échappe inévitablement.

La fragilité occupait également une place centrale dans cette réflexion. L’œuvre de Crous part de matériaux et de formes qui évoquent la permanence, mais qui sont soumis à des processus de détérioration, de changement et de disparition. Cette tension entre permanence et transformation contribue à construire le sens d’un projet qui interroge le rapport entre l’être humain, la mémoire et le temps.
Dans ce contexte, le livre présenté au monastère ne se limite pas à servir de catalogue d'exposition. Il se propose comme une nouvelle dimension de L'Ombra , capable de préserver les images, les concepts et les voix qui ont accompagné le projet. Le papier, la photographie et le texte introduisent une autre approche d'une œuvre qui évoque aussi les traces que nous laissons et celles que le temps finit par effacer.
L’espace choisi pour la présentation a renforcé cette dimension. Le cloître du monastère de Sant’Esteve, chargé d’histoire et de mémoire, a offert le cadre d’un dialogue reliant le projet contemporain de Crous à une architecture elle aussi marquée par le passage du temps. Ce dialogue entre l’œuvre, le livre et l’espace a transformé la présentation en un prolongement de L’Ombra , au-delà des limites physiques de l’exposition.