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entretiens

Maria Planas : « La Biennale donne ses lettres de noblesse à la photographie documentaire avec Dorothea Lange et Sergio Larrain »

Le directeur de la XIVe Biennale passe en revue les points principaux d'une édition qui réunit de grands noms de la photographie, des auteurs émergents et la redécouverte de la mémoire photographique de Palafrugell.

Maria Planas : « La Biennale donne ses lettres de noblesse à la photographie documentaire avec Dorothea Lange et Sergio Larrain »

Maria Planas est la directrice de la quatorzième édition de la Biennale de photographie Xavier Miserachs et, dans cet entretien avec bonart, elle nous parle des points principaux de ce nouvel appel à candidatures, inauguré le 2 août et visible jusqu'au 18 octobre dans différents espaces de la commune de Palafrugell, tels que La Bòbila, le Musée Cork de Catalogne, la Fondation Vila Casas, la Fondation Josep Pla, le Théâtre municipal de Palafrugell, la Torre de Guaita de Sant Sebastià de Llafranc, la Bibliothèque publique, entre autres.

Planas dirige la Biennale depuis de nombreuses années, assumant une mission qui allie direction artistique et curatoriale à la gestion institutionnelle du festival. Dans plusieurs entretiens, il a expliqué les critères qui ont guidé la programmation, fondée sur le dialogue entre photographes de la génération de Xavier Miserachs, auteurs confirmés, jeunes talents découverts lors de festivals et la reconstitution d'archives photographiques locales, publiques et privées.

  • Dorothea Lange, Planteurs de coton. Comté de Greene, Géorgie, 1937, avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque du Congrès, Division des estampes et des photographies, Collection de sécurité agricole, Administration.

ENTRETIEN AVEC MARIA PLANAS (Directrice de la XIVe Biennale de photographie Xavier Miserachs)

Alexandra Planas - Quelles seraient les principales nouveautés de cette XIVe édition de la Biennale Xavier Miserachs 2026 ?

Maria Planas – Cette année, la Biennale souhaite réaffirmer le thème de la photographie documentaire, car, à mon avis, il s’agit d’un genre très important dans le contexte social et climatique actuel.

Ce fil conducteur se concrétisera dans deux grandes expositions internationales : « Dorothea Lange. A Long Journey », composée d'images de la photographe américaine issues de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis et qui dépeignent les conséquences de la Grande Dépression et du phénomène du Dust Bowl, et « Sergio Larrain. The vagabond of Valparaíso », première rétrospective en Catalogne consacrée au photographe chilien, produite par Magnum Photos en collaboration avec la Fondation Foto Colectania et organisée par Agnès Sire.

Quel est le thème directeur du programme de cette année ?

Je citerai par exemple l'exposition « Les Casanova. Une lignée de photographes » , qui retrace plus d'un siècle d'histoire de la commune de Palafrugell à travers les archives d'une famille de photographes, dans le cadre d'un projet réalisé en collaboration avec les habitants et les Archives municipales. En bref, il s'agit d'un projet participatif de préservation de la mémoire collective et individuelle.

  • Les Casanovas, Femmes habillées pour le carnaval. Palafrugell, env. 1930, © Fotografia Casanovas.

Comment les grands noms de la photographie côtoient-ils les photographes émergents ?

Je crois que dans cette Biennale, artistes confirmés et émergents coexistent harmonieusement. La programmation met en lumière le travail de Carles Palacio (à la Bibliothèque publique), qui aborde la crise du secteur de la pêche sur la Costa Brava ; les recherches de Wayra Ficapal sur la menace climatique dans le delta de l’Èbre ; et le travail de Vero Mora Noya sur les femmes soignantes (au Museu del Suro). Il convient également de mentionner l’exposition « Local is global » (à La Bòbila), qui présente une sélection de la collection d’art de la Banc de Sabadell et explore le thème du photojournalisme et des grands enjeux sociaux et environnementaux. Il est encourageant qu’une institution bancaire comme celle-ci collectionne la photographie documentaire !

Sont également très pertinentes l'exposition de Txema Salvans (à la Fondation Josep Pla), intitulée Adjectifs du temps , ou celle de Cuixart a tres bandas i… , par Lluís Maimí, Josep Capellà et Francesc Dalmau, à l'occasion de l'année de célébration du centenaire de la naissance du peintre Modeste Cuixart.

  • Sergio Larrain, barreau. Valparaíso, Chili, 1963, Sergio Larrain/Magnum Photos.

Quel impact pensez-vous que cette biennale a sur les habitants de Palafrugell ?

L’impact sur les habitants de Palafrugell est avant tout culturel ! Il convient de rappeler que cette Biennale est l’un des plus anciens événements photographiques de Catalogne et qu’elle présente cette année onze expositions (dont la plupart sont inédites et autoproduites), avec le soutien de la mairie de Palafrugell, de la Fondation Banc de Sabadell, de la Generalitat de Catalunya et du Conseil provincial de Gérone.

Quel est le budget alloué à l'organisation de la Biennale ?

Pour cette édition, le prix était de 130 000 euros.

Quel a été le volume de visites lors de l'édition précédente et comment pensez-vous qu'il puisse être augmenté ?

Lors de l'édition 2024, nous avons comptabilisé environ 8 000 visites, nationales et internationales. Cette année, notre objectif est d'accroître ce chiffre en organisant des activités parallèles destinées au grand public et aux établissements scolaires, telles que des visites guidées, des projections, des conférences, des débats sur la photographie et la littérature, etc.

Concernant la vente de billets…

Cette année, le prix du billet est de 10 euros et peut être acheté en ligne via un code QR ou à la billetterie des différents points de vente à Palafrugell, tels que La Bòbila, la Fondation Josep Pla ou la Fondation Vila Casas.

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