Les villes se racontent aussi à travers des histoires longtemps occultées. Des histoires de silence, de persécution et de résistance qui n'ont que récemment trouvé leur place légitime dans le récit collectif. Avec l'exposition « Répression, plaisir et liberté : la lutte LGBTIQA+ à Gérone » , le Musée d'histoire de Gérone ouvre une fenêtre sur cette mémoire, proposant un parcours à travers les siècles pour comprendre comment les identités et les affections dissidentes ont également contribué à la construction de la ville.
Coïncidant avec la Journée internationale de libération des personnes LGBTQIA+, l'exposition nous invite à porter un regard critique sur le passé, mais aussi à reconnaître les espaces de liberté, de communauté et de protestation qui ont façonné le mouvement LGBTQIA+ jusqu'à aujourd'hui. Loin de se contenter d'expliciter une succession d'événements, l'exposition suscite une réflexion sur la fragilité des droits acquis et la nécessité de continuer à les défendre contre toute forme de discrimination ou de violence.

Conçue par Lyhdyr Esquerdo Teixidó et Pau Gàlvez Lot, cette proposition rassemble objets, documents et témoignages qui illustrent une lutte ancienne et persistante, souvent occultée par les récits officiels. Elle met également en lumière les rues, places, lieux et espaces de rencontre devenus des théâtres essentiels de contestation et de construction d'une communauté diverse et fière.
Le parcours est organisé en cinq grandes thématiques permettant de comprendre l'évolution des identités et des mouvements pour les droits des personnes LGBTIQA+. À partir d'un glossaire initial qui nomme la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre, le visiteur remonte au Moyen Âge pour découvrir les formes de persécution exercées par les pouvoirs civils et religieux dans les Pays catalans. Le récit se poursuit avec l'émergence des premiers mouvements de libération en Europe et aux États-Unis, la consolidation de l'activisme en Catalogne à partir des années 1970 et, enfin, le développement du mouvement à Gérone et dans sa région, où les revendications ont progressivement transformé l'espace public et la vie culturelle de la ville.

L'exposition revendique également le rôle des musées comme espaces de construction de la mémoire démocratique. Retrouver ces trajectoires implique d'intégrer de nouvelles perspectives sur le patrimoine collectif et de comprendre que l'histoire de Gérone ne peut être expliquée sans les contributions des mouvements féministes et LGBTQIA+, deux luttes qui ont souvent progressé en parallèle, partageant les mêmes objectifs de liberté, d'égalité et de justice sociale.
L'ouverture de l'exposition lance un programme d'activités ouvert au public qui prolonge les débats suscités dans les salles du musée. Spectacles, tables rondes, itinéraires urbains, visites guidées et conférences permettront d'explorer plus en profondeur les origines du militantisme LGBTQIA+ à Gérone, sa réalité actuelle et la longue histoire de persécution et de résistance qui a marqué ce groupe au fil des siècles.