Le Centre International du Photojournalisme de Perpignan présente jusqu'au 31 juillet l'exposition Routes en transit : citoyens de l'UE à travers l'Europe , un projet qui interroge la mobilité au sein de l'espace européen et ses implications sociales, culturelles et identitaires.
L’exposition prend pour point de départ la création de l’espace Schengen en 1995, qui a instauré la libre circulation des citoyens des pays membres. Depuis lors, des millions de personnes ont migré à l’intérieur du continent pour s’installer sur de nouveaux territoires, franchissant non seulement les frontières géographiques, mais aussi administratives, linguistiques, sociales et symboliques.
Ce projet rassemble les témoignages de personnes originaires de différentes régions d'Europe et résidant désormais dans le sud de la France, principalement dans les Pyrénées-Orientales. Ces personnes se définissent de diverses manières – comme « étrangers », « expatriés », « migrants », « voyageurs » ou « nouveaux arrivants » – et expliquent les raisons de leur déplacement, souvent liées au travail, à la famille ou à des raisons politiques.

© Céline Gaille, Hans Lucas.
Les témoignages recueillis mettent en lumière la complexité de l'expérience migratoire au sein de l'Union européenne, ainsi que la tension entre liberté de circulation et difficultés quotidiennes. Parmi les points forts, on note la découverte de nouveaux modes de vie et l'enrichissement apporté par les rencontres interculturelles, mais aussi des obstacles persistants : barrières linguistiques, stéréotypes, hostilité envers les étrangers et complications administratives.
L’exposition s’inscrit dans le cadre du projet de recherche FOM@PLAY ( Liberté de circulation en jeu : identité des citoyens européens et discours transnationaux ), financé par l’Agence Erasmus+. Son volet français, coordonné par Henry Tyne (UPVD et laboratoire CRESEM), présente 19 portraits de citoyens européens installés dans le sud de la France. Les images sont l’œuvre des photojournalistes Georges Bartoli, Idriss Bigou-Gilles, Virginie Demorget, Céline Gaille, Leonor Lumineau, Jean-Christophe Milhet et Justine Roquelaure, tandis que les textes ont été rédigés par Hugo Roquere, chercheur en sciences humaines et sociales à l’Université de Perpignan Via Domitia.
L'un des éléments centraux du projet réside dans son caractère multimodal et itinérant. L'exposition combine différents formats afin d'enrichir l'expérience du visiteur et de refléter la diversité des parcours représentés. Par ailleurs, les affiches d'information sont réinterprétées sous forme de pièces graphiques cousues sur acétate par la sociologue Mathilde Pette, illustrant les itinéraires de chaque personne au sein de l'Union européenne.
Par ailleurs, le projet propose une seconde dimension participative : une exposition « à faire soi-même ». Cette version est diffusée au format PDF sur le site web du CIP et peut être téléchargée, imprimée et assemblée librement par toute institution ou personne intéressée. L’objectif est de favoriser la diffusion du projet et de faire du public un acteur de sa propagation.
De plus, cette modalité ouverte invite les participants à partager le résultat de leurs installations sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, en identifiant le CIP, dans le but de générer un réseau d'expositions connectées et en constante expansion.