Organisée par la Fondation Barrié et le Musée Lalique (Wingen-sur-Moder, France), en collaboration avec le Museu Calouste Gulbenkian (Lisbonne, Portugal), La Corogne accueillera du 26 mars au 12 juillet la plus grande exposition jamais consacrée en Espagne à l'œuvre de René-Jules Lalique (Aÿ-Champagne, 1860 - Paris, 1945), maître des deux styles. Lalique a redéfini les liens entre art, artisanat et design. Il a incarné deux vies artistiques successives et a été une figure majeure de chacune d'elles. Pour son originalité, son talent et son esprit d'innovation, Émile Gallé, autre géant de l'Art nouveau, le considérait comme « l'inventeur du bijou moderne ». L'exposition explorera sa carrière aux multiples facettes, son imagination fertile et son savoir-faire technique exceptionnel, son esthétique naturaliste singulière et sa vénération pour la forme féminine.
Organisée par Véronique Brumm, directrice du Musée Lalique, l'exposition présentera 300 pièces, principalement issues de son travail d'orfèvrerie, réalisées avec des matériaux alors inédits : ivoire, corne, pierres semi-précieuses, émaux et, bien sûr, verre. On y trouvera notamment des broches, des colliers, des diadèmes, des lunettes et des boucles de ceinture. Miroirs, textiles et dessins provenant de collections muséales et privées seront également exposés. Cadres, appliques et miroirs illustreront le processus créatif du maître, depuis son bref apprentissage dans l'atelier de Louis Aucoc en 1876, en passant par son séjour en Angleterre où il perfectionna son dessin, jusqu'à ses débuts professionnels en 1882 et ses créations d'une pureté exceptionnelle pour les plus grandes maisons de joaillerie de l'époque.

Au sommet de sa carrière d'orfèvre, Lalique se tourne progressivement vers le verre ; ses premières créations apparaissent d'ailleurs dès 1890. Après sa participation à l'Exposition universelle de 1900, il ouvre sa première boutique place Vendôme. Sa rencontre avec François Coty, le parfumeur visionnaire, en 1907, marque un tournant ; peu après, il ouvre sa manufacture à Combs-la-Ville et dépose son premier brevet. Fidèle à son style éclectique, il dessine des caches-radiateurs pour automobiles, décore le train Côte d'Azur-Pullman Express (1929) et contribue à l'ornementation du paquebot SS Normandie (1935).
Avec cette exposition, la Fondation Barrié poursuit son engagement envers le design, dans la lignée des précédentes expositions monographiques consacrées à Verner Panton, Mies van der Rohe ou aux frères Campana, ainsi que des expositions collectives sur le design scandinave ou néerlandais, le textile ou l'histoire de la chaussure.