Du 27 février au 11 mai, les visiteurs pourront découvrir « Textile Body », une exposition consacrée à l'artiste colombienne Olga de Amaral, qui ouvrira ses portes le jeudi 26 février à 19h. L'exposition propose une rétrospective ambitieuse et essentielle de sa carrière, couvrant plus de six décennies de travail, depuis ses premières recherches dans les années 1960 jusqu'aux explorations matérielles qu'elle a développées au début des années 2000.
À travers plus de cinquante œuvres issues de collections publiques et privées de Bogotá, Medellín et New York, le projet invite les visiteurs dans un univers où le tissage transcende sa dimension artisanale pour devenir un langage plastique, une architecture suspendue et une surface vibrante. Or, fibres naturelles, pigments et structures tridimensionnelles dialoguent dans un parcours qui met en lumière l'expérimentation formelle et technique constante qui caractérise la pratique d'Olga de Amaral.

Loin de proposer un parcours strictement chronologique, Textile Body construit une expérience sensorielle qui invite à explorer un corpus artistique d'une grande intensité visuelle. Des premiers reliefs textiles aux œuvres monumentales recouvertes de feuilles d'or, l'exposition révèle une recherche constante sur la lumière, l'espace et la matérialité, consacrant Olga de Amaral comme une figure majeure du développement contemporain de l'art textile.
La présence d'Olga de Amaral dans l'art contemporain dissipe tout doute quant à la place du textile au sein des hiérarchies traditionnelles. Dans son œuvre, le tissu cesse d'être un support ou une surface et devient un événement en soi. Ses pièces monumentales se détachent du mur telles des peaux lumineuses et flottantes : ce ne sont ni de simples peintures ni exclusivement des sculptures, mais des corps qui respirent dans l'espace, des architectures douces qui enveloppent et transforment le regard du spectateur.
On y perçoit la mémoire ancestrale des communautés andines, où les textiles étaient langage, vêtement et cosmogonie. Des matières comme la laine ou le crin de cheval – humbles, tactiles et vibrantes de vie – acquièrent une densité symbolique qui transcende le langage courant. Amaral les fait surgir du présent pour interroger le rapport entre espace et corps, entre matière et lumière, entre surface et profondeur.
Son œuvre ne s'ancre pas dans un territoire géographique précis ; elle tisse plutôt un territoire symbolique qui relie les époques et les cultures. Chaque fibre semble receler une histoire, chaque tissage évoque la dimension anthropologique du textile comme l'un des gestes fondateurs de l'humanité : le tressage, l'assemblage, la construction du sens par l'entrelacement.
Développée en collaboration avec Casa Amaral et Marie Perennes, commissaire de l’exposition de l’artiste à la Fondation Cartier (Paris, 2024), cette proposition d’exposition élargit cette constellation poétique et matérielle, invitant le spectateur à habiter la matière non seulement avec son regard, mais aussi avec sa mémoire et son corps.