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Des expositions

Hôtel de l'artefact pillé : mémoire, diaspora et nouvelles voix au MNA avec Agnes Essonti

Calabash 3. Fotografía de Agnes Essonti.
Hôtel de l'artefact pillé : mémoire, diaspora et nouvelles voix au MNA avec Agnes Essonti
bonart madrid - 12/02/26

L’exposition « Hôtel de l’artefact pillé » , nouvelle création d’Agnes Essonti, transforme le Musée national d’anthropologie de Madrid en un espace de mémoire et de dialogue. Présentée jusqu’au 24 mai dans le cadre de la programmation spéciale du 150e anniversaire du musée, elle tisse un lien entre passé et présent, entre le visible et l’imaginaire, à travers la performance, la photographie et l’art textile, autant de fils conducteurs qui dévoilent la mémoire africaine.

Son travail nous invite à explorer les objets et les collections du musée sous un angle nouveau, tissant des liens inattendus et ouvrant des univers possibles qui répondent aux questions qui la hantent en tant que femme et personne d'origine africaine. De cette rencontre naît une histoire pillée, et les artefacts trouvent une voix qui stimule notre imagination et éveille en nous de nouvelles perspectives sur notre identité et notre histoire.

L'exposition se déploie sur trois salles qui invitent les visiteurs à un voyage à travers la diaspora africaine, la mémoire postcoloniale et la construction des identités afro-descendantes.

  • La Blanche. Photographie d'Agnès Essonti.

La première salle, « Seuils, Signes et Sorties Spéculatives » , accueille les visiteurs avec un paillasson où l’on peut lire : « Rentrez chez vous ». Dans cet hôtel de l’artefact, les objets trouvent un refuge, un lieu de repos et de rêverie, évoquant les mondes qui les ont créés et d’autres futurs possibles. La salle se poursuit avec « Prendre les rênes » , un autoportrait en noir et blanc d’Essonti en explorateur, rappelant les premières images anthropologiques. Au-dessus, en lettres néon, on peut lire : « Ce à quoi je désirais ardemment, c’était en réalité la vie, le souffle, la terre, l’odeur de la campagne, l’eau fraîche et le soleil éclatant. » Avec cette installation, l’artiste exprime la nostalgie de la diaspora, un sentiment partagé par les personnes d’ascendance africaine.

La deuxième salle, « Temps profond, divination et contre-archives » , ouvre les portes des savoirs et traditions africains. Parmi les œuvres phares figurent « Drapeaux cruels » , deux drapeaux en lin indigo ornés de symboles Nsibidi et de références au système divinatoire Ifá, un langage qui codifiait les droits, la philosophie et les relations sociales, et qui fut réduit au silence par le colonisateur européen. Ici, l'histoire reprend sa voix et révèle la richesse des connaissances qui ont résisté à l'oubli.

La troisième salle, « Mythologies domestiques, satire et politiques de la perception » , confronte le regard raciste porté historiquement sur les autres peuples. L’œuvre audiovisuelle « Si je parle, ils diront que je mens » en est la pièce maîtresse : des Camerounaises répondent à la question : « Est-ce qu’on mange des humains ici ? » Par l’humour, Essonti dénonce le discours européen utilisé pour justifier la colonisation. L’artiste recrée également une cuisine-chambre d’une vieille maison avec des objets du musée, montrant comment les espaces d’intimité ont été transformés en symboles d’exotisme et de pillage.

  • Si je parle, ils diront que ce n'est pas un mensonge.

La visite de l' Hôtel des Artefacts s'achève par une invitation à réfléchir sur l'avenir des collections. Essonti propose une réinterprétation onirique et imaginative qui permet de panser les plaies du passé, de réinterpréter les souvenirs et d'ouvrir de nouvelles perspectives pour l'histoire et la mémoire africaines.

Agnès Essonti Luque (L'Hospitalet de Llobregat) nous invite à envisager le musée non comme une destination finale pour les objets, mais comme un espace temporaire, un lieu de passage où les œuvres et les souvenirs qu'elles renferment attendent leur tour pour être entendues. Dans cette exposition, la figure de l'hôtel devient une métaphore centrale : un hôtel n'est ni un foyer ni un non-lieu ; c'est une étape éphémère, un point de rencontre où les histoires et les présences s'entrecroisent, se transforment et s'attardent un instant.

  • Calabash 2. Photographie d'Agnes Essonti.

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