À l'approche du 25e anniversaire du pavillon Serpentine, l'institution a annoncé cette semaine que la commande pour 2026 sera confiée au studio d'architecture Lanza Atelier, basé à Mexico. Cette annonce coïncide avec une période d'expansion institutionnelle : cet été, Serpentine collaborera également avec la Fondation Zaha Hadid pour lancer un programme d'architecture dédié à la Serpentine South Gallery, en hommage à l'architecte disparue Zaha Hadid et en renforçant la place de l'architecture dans la programmation de l'organisation.
Fondé en 2015, Lanza Atelier tire son nom du verbe espagnol « lanzar » et du latin « lanzea », signifiant « lance de lumière ». Les fondateurs du studio expliquent que ce choix est délibéré : « un mot qui fonctionne à la fois comme nom et comme verbe », reflétant une conception de l'architecture comme quelque chose simultanément en formation et en mouvement. La fondatrice, Isabel Abascal, décrit Lanza comme « voler vers un endroit inconnu », une idée qui reflète parfaitement l'approche exploratoire du studio en matière de design. Le studio a reçu une reconnaissance internationale, notamment le prix des jeunes architectes de la Ligue d'architecture de New York en 2017 et le prix des voix émergentes en 2023. Sa pratique s'appuie sur le dessin, la création de maquettes et l'expérimentation des matériaux, privilégiant les processus manuels pour appréhender la structure, la forme et la construction. Comme indiqué sur leur site web, le studio vise à « contribuer à la beauté du monde », en développant des projets en réponse directe à des contextes spécifiques plutôt qu'à des résultats formels prédéterminés, dans le but délibéré de créer un engagement au sein d'une communauté.
Leur travail promeut une philosophie architecturale réactive, qui conçoit chaque projet comme un lancement plutôt que comme une conclusion. Leur choix pour le Pavillon Serpentine résonne particulièrement avec le thème proposé pour la commande de 2026, « serpentin » . Ici, le terme s'étend au-delà du nom du Pavillon pour faire référence au mur ondulé, ou « mur serpentin », une structure de briques ondulée autrefois prisée pour son efficacité structurelle, son économie de matériaux et sa capacité à générer des microclimats favorables. Longtemps associé à l'East Anglia en Angleterre, avec des précédents dans l'Égypte antique, le mur serpentin incarne l'ingéniosité par la contrainte et constitue une forme qui produit une richesse spatiale avec un minimum de moyens. Ces qualités correspondent parfaitement à l'héritage expérimental du Pavillon et à la pratique attentive aux matériaux de Lanza.
Le serpent, symboliquement et historiquement perçu comme à la fois créateur et protecteur, offre une nouvelle perspective pour interpréter le Pavillon cette année. Dans un communiqué publié cette semaine, Lanza Atelier explique avoir été « inspirés par la figure du serpent, force créatrice et protectrice, et avoir établi un parallèle avec les murs fruitiers sinueux d'Angleterre, structures qui tempèrent le climat, créent un abri et favorisent la croissance ». Le communiqué poursuit : « De cette idée est né un pavillon construit en simples briques d'argile, mettant en avant l'artisanat vernaculaire et la capacité fondamentale de l'architecture à rassembler les gens. Le Pavillon 2026 propose des formes perméables, modelées et soutenues par une géométrie douce, et qui s'adaptent constamment aux personnes qui le traversent. » Ces qualités font écho à la pratique attentive aux matériaux de Lanza Atelier et à la tradition du Pavillon, événement reconnu pour son architecture expérimentale et éphémère.