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Des expositions

Bernardí Roig face à la spirale de la violence

Sean Scully, Ghost Gun, 2016.
Bernardí Roig face à la spirale de la violence
bonart munic - 18/05/26

Du 16 avril au 27 juin 2026, la Galerie Klüser de Munich accueillera « Aggression. Against the Spiral of Violence » , une exposition collective réunissant des figures majeures de l’art contemporain international afin de lancer un cri d’alarme face au climat politique et social actuel dans le monde occidental. Dans ce cadre, l’artiste Bernardí Roig (Palma, 1965) présentera plusieurs de ses œuvres les plus emblématiques, réaffirmant ainsi son engagement pour un art critique qui interroge les mécanismes du pouvoir, la censure et l’aliénation contemporaine.

L’exposition se veut une réaction directe à ce que les organisateurs qualifient de « période sombre que nous traversons », évoquant notamment la montée des discours autoritaires et le risque de dérive vers de nouvelles formes de totalitarisme. Le retour de Donald Trump au centre de la vie politique américaine apparaît comme l’un des catalyseurs conceptuels de l’exposition, bien que le projet élargisse son champ d’action à un contexte international marqué par la violence, la polarisation et l’érosion du consensus démocratique.

Le directeur de la Galerie Klüser établit également un lien entre le titre et le contenu de l'exposition et les conflits contemporains les plus dévastateurs : l'offensive israélienne en Palestine et la guerre menée par Vladimir Poutine en Ukraine. Dans cette perspective, « Aggression » se présente comme une réflexion urgente sur l'agression politique, la manipulation médiatique et la normalisation progressive de la violence.

  • Christian Boltanski, Sans Souci, 1992.

À Munich, Bernardí Roig présente certaines des images les plus emblématiques de son univers artistique : des figures réduites au silence, des visages symboliquement mutilés et des réinterprétations critiques d’icônes culturelles telles qu’Andy Warhol. Loin d’être de simples représentations esthétiques, ces œuvres fonctionnent comme des métaphores d’une société où la liberté d’expression et l’esprit critique semblent de plus en plus menacés.

L'exposition réunit également des œuvres de Claudio Abate, Joseph Beuys, Christian Boltanski, James Brown, Tony Cragg, Jack Goldstein, Jannis Kounellis, Robert Longo, Olaf Metzel, Robert Motherwell, Mimmo Paladino, Sean Scully, Ernesto Tatafiore et Andy Warhol, formant un parcours collectif où différentes générations et langages artistiques convergent vers une même préoccupation : l'affaiblissement des valeurs démocratiques et humanistes.

« L’ordre international fondé sur des règles et le droit international sont systématiquement sapés et remplacés par la loi du plus fort », dénoncent les organisateurs. « L’agression, la violence, la colère, l’incitation à la haine, les mensonges et le chantage se répandent sans égard pour les conséquences humanitaires. »

Le texte de présentation de l'exposition souligne également le lien étroit entre démocratie et liberté artistique. Selon l'exposition, les libertés individuelles ne peuvent être garanties que dans des systèmes démocratiques solides, tandis que les régimes totalitaires ont historiquement démontré leur capacité à anéantir la création indépendante par le biais du contrôle idéologique, des pressions politiques et économiques et de la suppression des espaces culturels et académiques.

S'inspirant du concept de vita activa d'Hannah Arendt et de la pensée critique de Karl Popper et Joseph Beuys, l'exposition défend le rôle de l'art comme moyen de résistance face à l'imposition de récits uniques. Si les œuvres ne produisent pas nécessairement de transformations politiques immédiates, elles génèrent des images capables de marquer les esprits et de modifier la perception du spectateur face au flux incessant d'informations et de propagande.

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