L’Art Institute of Chicago présente Abigail Lucien : Blood of the Earth , une exposition personnelle de l’artiste haïtiano-américaine Abigail Lucien, visible du 18 juin 2026 au 25 janvier 2027. À travers une installation immersive et une nouvelle série de sculptures, Lucien explore les multiples relations que le fer établit avec l’histoire, le monde matériel et l’expérience humaine.
Le fer occupe une place centrale dans la pratique de Lucien depuis des années. Son origine remonte aux explosions d'étoiles et, sur Terre, il constitue un élément essentiel de son noyau. Il fait également partie intégrante de notre corps : il circule dans le sang et, simultanément, il est présent dans d'innombrables objets, technologies et structures du quotidien qui composent notre environnement.
Dans « Le Sang de la Terre » , l’artiste aborde le fer comme un matériau capable de relier des échelles apparemment éloignées, du terrestre au cosmique. Mais elle le conçoit aussi comme un vecteur d’exploration des récits sociaux, des traditions artisanales et des expériences liées à la diaspora. Aux Caraïbes, les grilles et les balustrades en fer forgé ouvragées font partie intégrante du paysage quotidien, tandis que dans diverses régions d’Afrique, le travail du fer est perçu comme un espace sacré de création.

Les nouvelles sculptures de Lucien prolongent ces traditions par des procédés, des typologies et des iconographies liés aux pratiques artisanales et aux expériences diasporiques. L'exposition se présente comme un espace de création spéculatif, ouvert à la transformation et à de nouvelles perspectives.
L'installation se compose notamment d'un four, d'un soufflet, d'une enclume et d'autres outils typiques d'un atelier de métallurgie. L'ensemble évoque un espace de travail en pleine activité, animé par la force vitale du fer. Le matériau devient ainsi à la fois protagoniste et métaphore : chauffé, il acquiert une consistance malléable et visqueuse ; il peut être forgé, soudé, coulé dans des moules ou soumis à des traitements chimiques pour être gravé. Il peut également être transformé en acier par l'ajout de carbone.
Pour Lucien, ces procédés matériels dépassent le simple cadre des techniques sculpturales. La capacité du fer à se transformer et à adopter de nouvelles formes symbolise l'adaptabilité et la nature éphémère de l'appartenance. La matière devient ainsi un moyen de réflexion sur l'identité, la mémoire, le déracinement et la transformation.
L'exposition est organisée par Irene Sunwoo, titulaire de la chaire John H. Bryan et conservatrice du département d'architecture et de design de l'Art Institute of Chicago.