Le logement social devient un objet de réflexion architecturale, sociale et civique dans « Gestar i habitar. Strategies for social housing in Barcelona », la nouvelle exposition présentée au Centre d'art Tecla Sala de l'Hospitalet de Llobregat. Ce projet, conçu par LLINDAR ARQUITECTURA SLP et intégré à la programmation de Barcelone 2026, Capitale mondiale de l'architecture, est visible jusqu'au 15 novembre et propose un parcours qui invite à repenser le présent et l'avenir du logement social.
L'exposition part d'un postulat essentiel : la fonction première d'un logement est d'être habité. Cette idée sert de point de départ à une analyse de la manière dont la spéculation immobilière a occulté cette dimension fondamentale et à la mise en avant du rôle du logement social comme outil de garantie du droit au logement. Parallèlement, elle met en lumière l'évolution des politiques publiques à Barcelone, notamment le passage des modèles de vente à d'autres formes de propriété qui contribuent à préserver la propriété publique des terrains et des bâtiments face à la gentrification.

Ce projet est issu d'une recherche sur la promotion et la conception du logement social à Barcelone, menée entre 2015 et 2023 et présentée dans l'ouvrage éponyme. Le parcours de l'exposition s'articule autour de deux concepts complémentaires : d'une part, « gestar », qui aborde les processus de planification, de conception, de financement et de construction ; d'autre part, « habitar », qui place les personnes au centre et explore la manière dont elles adaptent les espaces domestiques à leurs besoins, leurs habitudes et leurs modes de vie.
L'exposition recense sept stratégies qui ont contribué à l'augmentation du parc de logements sociaux et abordables dans la ville : la rénovation des quartiers vulnérables, la promotion des coopératives d'habitation, la collaboration entre l'administration et l'initiative privée, la promotion publique classique, la construction industrialisée, la réhabilitation des bâtiments acquis et la remise en état des logements vacants.

Ces axes d'action sont précisés dans plusieurs études de cas, parmi lesquelles La Balma, Glòries, R16 La Catalana, Aprop Ciutat Vella, Encuny, Llar Casa Bloc et Carrer Ample se distinguent. Chacun de ces projets illustre différents modèles de gestion, de financement, de régimes fonciers et de solutions architecturales, tout en soulignant le lien entre logement, communauté et tissu urbain.
L'un des aspects les plus originaux de cette proposition réside dans son caractère immersif. Le parcours permet aux visiteurs de pénétrer dans cinq maisons reproduites à l'échelle 1:1, délimitées au sol et inspirées de certains projets exposés. Grâce à des volumes mobiles évoquant du mobilier du quotidien, le public peut modifier l'agencement intérieur, expérimenter différentes configurations d'espace et s'interroger sur les frontières entre sphère privée et espaces partagés.
L'expérience est complétée par un outil d'intelligence artificielle qui invite les visiteurs à partager leurs expériences et leurs opinions sur le mode de vie. Les contributions recueillies alimentent le discours de l'exposition afin d'enrichir le débat et de créer un espace de dialogue entre citoyens, professionnels de l'architecture et administrations publiques.