La 42e édition du prix Turner place une fois de plus l'art contemporain au carrefour de disciplines variées, où la sculpture côtoie la performance, l'installation et le film. La sélection de cette année témoigne non seulement d'une forte présence sculpturale, mais aussi d'un élargissement du langage artistique vers des formes hybrides qui explorent à la fois les dimensions émotionnelle et politique.
Les artistes présélectionnés — Simeon Barclay, Kira Freije, Marguerite Humeau et Tanoa Sasraku — recevront chacun 10 000 £, tandis que le lauréat, dont le nom sera annoncé le 10 décembre, recevra 25 000 £ supplémentaires. Leurs œuvres seront exposées au Middlesbrough Institute of Modern Art à partir du 26 septembre 2026 et jusqu’en mars 2027.
Selon Alex Farquharson, directeur de la Tate Britain et président du jury, les œuvres sélectionnées offrent des outils pour mieux comprendre le monde actuel. Cette édition du prix Turner confirme ainsi son rôle de plateforme essentielle pour les pratiques artistiques qui remettent en question les conventions et repoussent les limites de l'art contemporain.

Œuvre de Tanoa Sasraku.
Parmi les propositions les plus remarquables figure celle de Kira Freije, sélectionnée pour sa première grande exposition personnelle, « Unspeak the Chorus » , à la galerie Hepworth Wakefield. Son œuvre met en scène des figures grandeur nature réalisées en métal, en tissus et en matériaux de récupération, créant une atmosphère à la fois troublante et poétique. Le jury a souligné l'intensité émotionnelle de son langage sculptural et sa capacité à transformer l'espace en une expérience quasi théâtrale.
Simeon Barclay, quant à lui, confère une dimension plus autobiographique à *The Ruin* , une performance de spoken word qui relie son histoire personnelle au paysage industriel du nord de l'Angleterre. Présentée dans des lieux tels que l'Institute of Contemporary Arts, l'œuvre explore les notions de mémoire, d'identité et de territoire à travers un récit oral empreint d'une forte résonance sociale.
L'œuvre de Marguerite Humeau oscille entre science, fiction et spéculation. Son exposition Torches , présentée au musée d'art contemporain Arken, propose un univers immersif où sculptures, lumière et son explorent les origines de la vie et les futurs possibles. Il en résulte une expérience sensorielle que le jury a qualifiée de profondément cinématographique.
Enfin, Tanoa Sasraku propose une lecture critique du présent avec Morale Patch , une installation également présentée à l'Institute of Contemporary Arts. Son œuvre examine les dynamiques géopolitiques du pétrole à travers des codes visuels issus du monde de l'entreprise, offrant ainsi une réflexion incisive sur le pouvoir, l'économie et les conflits contemporains.