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Des expositions

Rêve de chien : une archéologie sensorielle du cinéma d'Alejandro G. Iñárritu

Rêve de chien : une archéologie sensorielle du cinéma d'Alejandro G. Iñárritu
bonart los ángeles - 13/04/26

Du 22 février au 26 juillet 2026, l'exposition « Sueño Perro : Instalaciones Celuloide » d'Alejandro G. Iñárritu sera présentée au Los Angeles County Museum of Art (LACMA). Cette expérience multisensorielle et d'envergure internationale explorera la frontière entre le cinéma et les arts visuels. Imaginée par le cinéaste mexicain oscarisé, cette installation se veut un prolongement des célébrations du 25e anniversaire d' « Amores Perros » (2000), son premier long métrage, qui a marqué les esprits.

Loin d'être une simple commémoration, Sueño Perro se présente comme une exploration poétique du processus de création cinématographique lui-même. Lors du montage d' Amores Perros , plus de 300 000 mètres de pellicule ont été écartés du montage final. Ces images, archivées pendant un quart de siècle à l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM), sont aujourd'hui sauvées et réactivées par Iñárritu pour construire un nouvel espace de perception, où le cinéma cesse d'être un récit clos et devient matière vivante.

L'installation rassemble des fragments inédits qui capturent les tensions sociales, politiques et émotionnelles de Mexico, tensions qui résonnent encore fortement aujourd'hui. Dépouillées de leur structure narrative originelle, ces séquences sont réorganisées en une mosaïque de pellicule, de lumière et de son, où de multiples projecteurs 35 mm créent une expérience immersive. Il n'en résulte pas un récit, mais une constellation d'images qui interroge la mémoire, le temps et la persistance de l'invisible.

Au cœur de cette proposition réside une profonde réflexion sur la matérialité du film argentique. Le grain, le scintillement et la chaleur de la pellicule deviennent des éléments expressifs essentiels, conférant à l'image en mouvement une sensibilité quasi tactile. Le film n'est pas seulement un support, mais un corps : une surface où le temps s'accumule et s'efface.

Sueño Perro marque également la troisième collaboration entre Iñárritu et la Fondazione Prada, après le programme de films Flesh, Mind and Spirit (Séoul, 2009 ; Milan, 2016) et l'installation de réalité virtuelle CARNE y ARENA (2017), présentée au Festival de Cannes et récompensée par un Oscar spécial. Dans ce nouveau projet, l'artiste continue d'explorer les frontières du langage cinématographique, s'aventurant sur des territoires hybrides entre installation, mémoire et expérience sensorielle.

Iñárritu lui-même qualifie ce réexamen d'images inédites de « résurrection ». Plus qu'un hommage, l'installation propose des retrouvailles avec ce qui n'a jamais été vu : des images abandonnées qui, une fois réactivées, acquièrent une nouvelle vie. « Comme retrouver un vieil ami qu'on n'a jamais revu », suggère le cinéaste, soulignant la nature fantomatique et évocatrice de ces fragments de film.

En définitive, Dog Dream pose une question ouverte : combien de films coexistent au sein d’un seul film ? Entre mémoire et oubli, entre ce qui est filmé et ce qui est jeté, l’œuvre nous invite à repenser le cinéma non comme un produit fini, mais comme un champ en perpétuelle transformation, où les images continuent de respirer longtemps après avoir été tournées.

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