Quelques mois avant le coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, le musée Jumex s'associe à l'effervescence mondiale avec une proposition qui dépasse le simple cadre sportif. Du 28 mars au 26 juillet 2026, l'institution présente « Football et Art. Une même émotion », une exposition qui invite à considérer le football non seulement comme un spectacle, mais aussi comme un phénomène culturel, social et politique d'envergure planétaire.
Organisée par Guillermo Santamarina, l'exposition rassemble près d'une centaine d'œuvres de plus de 60 artistes originaires de 13 pays, dont le Mexique, les États-Unis, la France, le Japon et l'Afrique du Sud. Au-delà du nombre d'œuvres présentées, l'exposition se distingue par son ambition conceptuelle : explorer comment le football façonne les identités, crée du lien social et reflète des tensions contemporaines telles que les questions de genre et de mondialisation.

Clotilde Jiménez, Le Bon Brody, 2004, collection privée.
Santamarina l’affirme avec force, définissant le football comme « un système d’imagination et d’information » capable de condenser les émotions et les contradictions de la société contemporaine. En ce sens, l’exposition devient un espace de réflexion où le jeu se révèle comme un champ critique et délibératif.
L'exposition présente une grande variété de formats — peinture, sculpture, installation, photographie et vidéo — allant d'œuvres historiques à des pièces commandées spécialement pour l'occasion. Parmi les noms les plus prestigieux figurent des artistes de renommée internationale comme Jeff Koons, ainsi que des figures majeures de la scène artistique latino-américaine telles que Graciela Iturbide, Francis Alÿs, Damián Ortega et Juan O'Gorman, dont l'œuvre , Portrait de l'enfant César Martino Servín, confère une dimension historique et symbolique à la collection.

Graciela Iturbide, Sans titre, Rome, Italie, 2007, avec l'aimable autorisation de l'artiste.
L'exposition se distingue également par son approche muséographique, conçue par l'architecte Mauricio Rocha, qui transforme l'espace en une réinterprétation de l'univers du football. L'un des points forts se situe sur l'esplanade du musée, où le collectif Tercerunquinto présente Tribunas (2026) : une installation réalisée à partir de sièges récupérés du stade Azteca, ornés de plaques portant les noms de footballeurs mexicains. L'œuvre fonctionne comme une archive émotionnelle qui relie mémoire, identité et sport.

Marta Minujín, Ma Coupe du monde, 1977. Collection de la Fondation KLEMM, Buenos Aires.